À moins de deux semaines du premier tour des élections municipales à Strasbourg, Irene Weiss a publié une vidéo choc sur les réseaux sociaux dans laquelle elle accuse publiquement Cem Yoldas de menaces passées et interpelle directement Jeanne Barseghian et Thierry Sother. C’est la première fois qu’elle rend publics ces faits, qu’elle affirme avoir vécus en 2022, et sa prise de parole intervient dans un contexte politique particulièrement sensible.
Son parcours politique local est long et structuré. Elle a été colistière de Jean-Philippe Vetter et de Alain Fontanel lors des municipales de 2020, élue en 2021 à la Région Grand Est sur la liste de Jean Rottner, candidate aux législatives de 2024 dans la 1re circonscription, et aujourd’hui colistière en 6e position sur la liste « Aimer Strasbourg ».
Une accusation directe et ciblée
Dans sa vidéo, Irene Weiss critique le « plein et entier soutien » que Jeanne Barseghian et Thierry Sother auraient apporté à Cem Yoldas après son retrait de la campagne municipale strasbourgeoise, retrait qu’il a justifié par des pressions de groupuscules d’extrême droite. Elle explique avoir été « profondément choquée » par ces soutiens et souligne l’importance de condamner toutes les violences politiques, qu’elles viennent de l’extrême droite ou de l’extrême gauche.
Elle dénonce ce qu’elle considère comme un « manque de cohérence » et interpelle les élus : « La violence politique, elle est inacceptable, les menaces sont inacceptables. Arrêtez de soutenir Cem Yoldas. »

Des faits graves en 2022 à Strasbourg
Au cœur de son témoignage se trouve un épisode qu’elle décrit comme particulièrement inquiétant. Le 7 octobre 2022, alors qu’elle organisait une soirée politique en tant que responsable des Jeunes Républicains du Bas-Rhin, trois hommes, dont deux cagoulés, se seraient approchés d’elle et Cem Yoldas lui aurait déclaré : « On t’attend dehors pour te fracasser », ajoutant qu’il l’attendrait à son adresse personnelle si elle ne sortait pas.
Suite à ces faits, Irene Weiss indique avoir porté plainte. La procédure judiciaire s’est conclue par un non-lieu, sans condamnation. Par crainte pour sa sécurité, elle a déménagé et n’avait jusqu’ici jamais évoqué publiquement cette affaire, estimant que « cela s’arrêterait là ». Aujourd’hui, c’est le contexte politique et le soutien affiché récemment à Cem Yoldas qui l’ont poussée à sortir du silence.

Pourquoi viser uniquement Barseghian et Sother ?
Si sa vidéo cible exclusivement Jeanne Barseghian et Thierry Sother, Irene Weiss n’évoque pas d’autres soutiens à Cem Yoldas à Strasbourg, tels que les communistes locaux ou Florian Kobryn (LFI) et Fahad Raja Muhammad (MPI). Cette absence soulève des questions : pourquoi concentrer son message sur les élus PS et EELV alors que d’autres figures politiques ont également affiché leur soutien ? Est-ce une volonté de mettre en lumière certains soutiens seulement, ou un choix stratégique ?
Cette focalisation donne à sa déclaration un ton particulièrement politique, tout en laissant en suspens la raison de l’exclusion des autres soutiens.

Une affaire locale qui résonne au niveau national
Au-delà de Strasbourg, Cem Yoldas et le mouvement de la Jeune Garde ont cristallisé le débat ces derniers jours au niveau national. Les discussions autour des violences politiques, de leur qualification et de leur condamnation traversent désormais l’ensemble du débat public français.
À Strasbourg, cette affaire s’invite pleinement dans la campagne municipale, mêlant témoignage personnel, non-lieu judiciaire et calcul politique. Le fait que la prise de parole intervienne à moins de deux semaines du premier tour accentue son impact et interroge sur le lien entre le moment choisi pour cette vidéo et l’actualité électorale.
