Il a grandi entre les vignes du Haut-Rhin, passé ses premières heures sous les poteaux au FC Bennwihr, puis au SR Colmar avant de rejoindre le RC Strasbourg. Robin Risser, né le 2 décembre 2004 à Colmar, est un enfant de l’Alsace profonde — fils d’une famille de viticulteurs, formé dans les clubs du terroir, avant de s’imposer progressivement dans l’élite française. Le 14 mai 2026, Didier Deschamps a prononcé son nom pour la liste des 26 Bleus appelés à disputer la Coupe du monde 2026. Une première. Un rêve devenu réalité.

Troisième gardien des Bleus, mais première convocation en A

À 21 ans, Robin Risser intègre le groupe France en tant que troisième gardien, derrière Mike Maignan et Brice Samba. Une place qui peut sembler symbolique, mais qui représente une reconnaissance pleine et entière du sélectionneur. Deschamps a été clair lors de l’annonce : le poste de troisième gardien répond à des critères précis, et la performance du moment prime sur tout le reste. Risser sort d’une saison très convaincante sous les couleurs du RC Lens, suffisamment solide pour qu’il s’impose dans les réflexions du staff tricolore face à des concurrents plus expérimentés.

Sa réaction à l’annonce, relayée par TF1, ne laisse pas de doute : « un rêve qui se réalise », a-t-il confié. Le genre de phrase qui sonne vrai quand on connaît le chemin parcouru.

Un parcours forgé dans toutes les sélections de jeunes

La convocation en A n’est pas tombée du ciel. Elle est le résultat d’un travail de longue haleine dans toutes les strates de la formation internationale française. Risser a enfilé le maillot bleu en U16, U18, U19, U20, puis chez les Espoirs sous la direction de Thierry Henry — avec qui il avait également participé à des rassemblements liés à la préparation des Jeux olympiques de Paris 2024. En tout, entre 12 et 14 sélections selon les sources, ponctuées de quelques absences imposées par des pépins physiques au coude ou au dos. Un parcours cohérent, sans rupture, qui l’avait déjà fait connaître du staff de l’équipe A lors de séances spécifiques à Clairefontaine.

Pourquoi lui plutôt que Lucas Chevalier ?

La question s’est posée. La réponse est sportive : Lucas Chevalier a perdu du terrain faute de temps de jeu régulier, ce qui a rouvert la compétition pour la troisième place dans la cage des Bleus. Risser, lui, a été constant avec Lens, visible, et déjà bien intégré dans l’écosystème des Bleus via les jeunes et les Espoirs. Deschamps a également mis en avant son enthousiasme et sa capacité à s’inscrire dans une dynamique de groupe — des critères qui comptent pour un joueur appelé à ne pas jouer mais à peser en coulisses.

Et Jonathan Clauss, l’autre Alsacien des Bleus ?

L’Alsace avait un second représentant potentiel dans cette liste : Jonathan Clauss, le latéral droit originaire de Strasbourg, internationale confirmé et habitué des listes de Deschamps ces dernières années. Clauss ne figure pas dans le groupe des 26 retenus pour le Mondial 2026. Sa non-sélection, dans un contexte où la concurrence au poste de piston droit est forte, referme pour le moment un chapitre qui avait pourtant fait briller l’Alsace au plus haut niveau. Deux Alsaciens, deux trajectoires : l’un entre, l’autre sort. C’est la loi du sport.