Pendant des années, des rues plongées dans le noir. Des trottoirs mal éclairés, des arrêts de tram peu rassurants, des pistes cyclables invisibles. C’était l’une des critiques les plus récurrentes des Strasbourgeois sous le mandat précédent. Catherine Trautmann l’avait bien entendu — et elle passe maintenant aux actes.
Le 12 mai 2026, lors d’une conférence de presse, la maire de Strasbourg a confirmé le calendrier de rallumage de l’éclairage public nocturne dans la capitale alsacienne : la totalité des luminaires de voirie sera à nouveau en fonction d’ici le 30 juin 2026, à l’exception des parcs et espaces naturels.
Déjà la moitié des lampadaires rallumés
La nouvelle municipalité n’a pas attendu. Depuis le début du mandat, près de la moitié des points d’éclairage auraient déjà été réactivés dans les rues strasbourgeoises. Le mouvement est engagé, le cap est fixé : d’ici la fin juin, c’est l’ensemble du parc de luminaires urbains qui retrouvera sa fonction première — éclairer la ville, la nuit, pour tous.
Une rupture nette avec la politique d’extinction partielle héritée du mandat précédent, présentée à l’époque comme une mesure écologique et budgétaire.
Trautmann a été explicite sur les motivations de ce retour à l’éclairage nocturne. La mesure répond avant tout à des remontées concrètes des habitants : rentrer chez soi en sécurité, descendre d’un tram sans appréhension, circuler à vélo sans disparaître dans l’obscurité.
La dimension de genre n’est pas absente du discours. Les zones insuffisamment éclairées pèsent davantage sur les femmes, qui modifient leurs trajets ou renoncent à certains déplacements nocturnes. Le rallumage est présenté comme une mesure de protection, pas uniquement de confort.
Les parcs et espaces naturels resteront dans l’obscurité, par souci de préservation de la biodiversité nocturne. Mais la ville, elle, sera éclairée.

Parcs exclus, voirie prioritaire
Le périmètre est donc clair : rues, trottoirs, pistes cyclables, abords des transports en commun — tout le domaine public de voirie est concerné. Les parcs et espaces verts, eux, conserveront leur obscurité nocturne, dans une logique de compromis entre usage urbain et préservation environnementale.
La doctrine affichée : « éclairer juste » — ni l’excès du passé, ni l’austérité contestée des dernières années.
Pour les habitants des quartiers où l’extinction avait été la plus marquée, ce rallumage est une réponse directe à des années de signalements ignorés. Pour les cyclistes, les usagers des transports en commun et les piétons tardifs, c’est un changement concret du quotidien.
