Au cœur du quartier Vosges-Neustadt, une petite controverse a éclaté sur les réseaux sociaux autour des bancs et des arbres installés en 2025 rue Baldung-Grien. Ce qui aurait pu rester une question de gestion urbaine ordinaire est devenu le terrain d’un échange politique tendu entre deux élues strasbourgeoises.


Sophie Dupressoir sonne l’alarme : les promesses de campagne en question

Dans un post Facebook, Sophie Dupressoir, ancienne élue à Strasbourg, tire la sonnette d’alarme. Elle rappelle les engagements de campagne de Catherine Trautmann : un « plan Banc et ombre », des « aménagements urbains intégrant le vieillissement », des « parcours séniors apaisés » et « trois arbres visibles depuis chaque logement ».

Or, selon elle, l’adjoint du quartier Vosges-Neustadt envisagerait de supprimer les arbres plantés et les sièges installés — ces mêmes assises utilisées au quotidien par les personnes âgées du secteur. Elle cite au passage les Dernières Nouvelles d’Alsace : « Va-t-on tronçonner la moitié des arbres au motif que la moitié de la salle s’est prononcée contre ? »

Pour Dupressoir, le message est clair : revenir en arrière sur ces aménagements serait « dramatique », tant pour la mobilité des seniors et des personnes à mobilité réduite que pour le confort thermique dans un quartier urbain dense.


Chantal Cutajar recadre : concertation, pas suppression

La réponse ne s’est pas fait attendre. Chantal Cutajar, élue en exercice à Strasbourg, publie à son tour un post pour rétablir ce qu’elle appelle « la vérité des faits ».

Selon elle, il n’a jamais été question de supprimer arbres ou bancs. La réunion menée par l’adjoint à la Maire Arieh Adida avait un objectif précis : faire le bilan des aménagements avec les habitants, identifier ce qui fonctionne et ce qui mérite d’être amélioré. « Évaluer une politique publique, ce n’est pas revenir en arrière », écrit-elle.

Cutajar accuse Dupressoir de transformer une démarche de dialogue en « scénario alarmiste » et de confisquer la parole des habitants au profit d’un discours politique. Elle en profite pour rappeler que la précédente municipalité — à laquelle participait son interlocutrice — avait, selon elle, trop souvent réduit la concertation à une simple formalité.


Seniors, climat urbain, démocratie locale : les vrais enjeux derrière la querelle

Au-delà de l’échange politique, cette controverse met en lumière des enjeux bien réels pour les Strasbourgeois. Bancs et arbres ne sont pas des détails : ils conditionnent la capacité des personnes âgées à se déplacer, à se reposer, à vivre dans l’espace public. Les arbres, en particulier, jouent un rôle croissant de climatisation naturelle dans une ville exposée aux épisodes de chaleur.

La question de fond reste entière : comment associer réellement les habitants aux décisions d’aménagement, sans que la concertation ne devienne une façade ni que l’évaluation ne serve de prétexte à la suppression ?

La réponse que donnera la nouvelle municipalité Trautmann dans ce dossier sera un signal fort — pour le quartier Vosges-Neustadt, et bien au-delà.