Ce samedi 19 septembre, une quarantaine de collectifs, partis, syndicats et associations appellent à manifester place de l’Étoile, à Strasbourg, dès 14h. Cette marche sonorisée s’inscrit dans une mobilisation nationale lancée par le collectif Stop aux violences d’État (SAVE) et Assa Traoré. Elle vise deux textes de loi sécuritaires : la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, surnommée « permis de tuer » par ses opposants, et la loi RIPOST, qui cible notamment les free parties.

Qui organise la manifestation strasbourgeoise ?

À Strasbourg, l’événement est porté par le collectif Vérité et justice pour Enzo Weiss et TecknoAntiRep Strasbourg. Ils sont rejoints par une quarantaine d’autres structures locales, parmi lesquelles La Chatte Noire Turbulente, Resistek, Extinction Rebellion Strasbourg, les Soulèvements de la Terre, DNSI 67, le NPA l’Anticapitaliste 67, le PCF 67, LFI 67, Le Poing levé Strasbourg, Révolution Permanente Alsace, Attac Strasbourg, Solidaires Alsace, l’UCL Alsace, Les écologistes Strasbourg EMS, le Collectif contre l’islamophobie de Strasbourg, ainsi que plusieurs collectifs féministes et LGBT locaux comme Gouines Rebelles, Ascendant Butch ou Femmes Plurielles.

La présomption de légitime défense, un texte contesté

Adopté par l’Assemblée nationale le 7 juillet dernier, ce projet de loi n’est pour l’instant pas encore inscrit à l’ordre du jour du Sénat, mais son adoption y est jugée probable compte tenu de la majorité de droite dans la haute assemblée. Le texte prévoit d’inverser la charge de la preuve en cas de tir policier : ce ne serait plus à l’État de démontrer la nécessité et la proportionnalité du tir, mais aux victimes ou à leurs proches d’en apporter la preuve contraire — une démarche rendue quasiment impossible dans la mesure où les moyens d’enquête restent entre les mains de la justice et des forces de l’ordre elles-mêmes.

Une pétition déposée sur le site de l’Assemblée nationale contre ce texte a rassemblé plus de 730 000 signatures début juillet. Malgré ce chiffre, la commission des lois de l’institution l’a classée sans suite, sans qu’aucun débat ne soit organisé, alors que le règlement de l’Assemblée le prévoit pourtant.

Les organisateurs de la manifestation dénoncent un texte qui viendrait légaliser une impunité déjà installée, rappelant que sur 437 décès liés à des interventions policières recensés depuis 2017, moins de 2% des affaires connues ont débouché sur une peine de prison ferme.

La loi RIPOST, un tournant pour les free parties

Promulguée en août après son passage au Sénat cet été, la loi RIPOST crée un délit spécifique de participation à une free party. Les participants s’exposent désormais à une amende forfaitaire de 500 euros, tandis que les organisateurs de ces fêtes en plein air risquent des peines de prison pouvant aller jusqu’à deux ans, assorties d’amendes de 30 000 euros et de la confiscation systématique du matériel — contre une simple contravention auparavant. Le texte s’étend également aux célébrations sportives, aux rodéos urbains et à l’occupation de terrains par les gens du voyage.

Une mobilisation qui dépasse la seule question des free parties

Pour les organisateurs, cette marche relie deux combats qu’ils refusent de dissocier : le droit de faire la fête et le droit de vivre face aux violences policières. C’est aussi un geste de solidarité envers les familles de victimes et une manière de visibiliser une répression jugée persistante. Du côté des collectifs techno, on assure que la répression ne mettra pas fin au mouvement des free parties, mais fragilisera davantage les personnes qui y trouvent un espace d’expression et de lien social.