Le lendemain du fracassant communiqué de Hülliya Turan annonçant son départ du Parti communiste français, la Fédération du Bas-Rhin prend la parole. Dans un communiqué en cinq volets publié le samedi 30 mai 2026, Antoine Splet, secrétaire départemental du PCF 67, apporte une version radicalement différente des faits — et conteste point par point la version de son ancienne camarade.


Une suspension disciplinaire, pas une éviction politique

Pour Splet, le départ de Turan ne doit rien au hasard ni à une quelconque manœuvre politique. Il est la conséquence directe d’une décision de la Commission nationale de médiation et de règlement des conflits du PCF, datée du 19 mai 2026 : une suspension de neuf mois prononcée à l’encontre de Hülliya Turan pour « agissements jugés autoritaires et contraires aux valeurs et statuts du PCF ».

Cette sanction, rappelle-t-il, est « rarement prononcée » au sein du parti et résulte d’une procédure qualifiée d’approfondie et contradictoire, dans laquelle Turan elle-même a été entendue.


La thèse de la « cabale » rejetée fermement

Hülliya Turan avait dénoncé une cabale liée à ses désaccords politiques avec la direction nationale. Antoine Splet rejette cette lecture. Il rappelle que Turan avait, depuis plusieurs années, exprimé publiquement ses divergences avec la direction nationale du PCF — sans que cela ne remette jamais en cause ni son siège au Conseil national, ni son mandat de conseillère régionale Grand Est.

Réduire la sanction à un règlement de comptes politique, estime-t-il, reviendrait à « nier la gravité des faits reprochés » et surtout à mettre en doute la parole de nombreux camarades qui ont témoigné pour dénoncer des pratiques militantes qualifiées d’autoritaires, délétères et contraires aux valeurs de respect, de fraternité et d’émancipation portées par le PCF.


Des souffrances réelles évoquées : burn-out, dépressions, suivis psychologiques

C’est sans doute le passage le plus lourd du communiqué. Splet affirme que les explications avancées par Turan ne correspondent pas « à la réalité vécue par celles et ceux qui en ont été victimes » — certains portant encore aujourd’hui les séquelles de la période, notamment sous forme de suivis psychologiques suite à des burn-out et des dépressions réactionnelles.

Sa pensée va, dit-il, aux camarades qui « se sont tu·es par crainte de fragiliser leur organisation politique ». Une formulation qui contraste avec la rhétorique d’instrumentalisation dénoncée par Turan.


La fédération du Bas-Rhin veut reconstruire sur des bases saines

Loin de refermer le dossier, Splet engage l’avenir. La Fédération du Bas-Rhin, affirme-t-il, entend poursuivre le travail pour « faire évoluer ses pratiques militantes », prévenir toute forme de domination interne et reconstruire l’unité des communistes du Bas-Rhin « sur des bases saines, fraternelles et respectueuses ». L’objectif affiché : un parti fidèle à ses valeurs, « pleinement tourné vers les luttes politiques » et capable de « faire grandir dans la société les idées communistes ».

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