La CGT CTS a déposé un préavis de grève courant du 17 juillet au 10 septembre 2026. Le syndicat cible dans un premier temps deux dates stratégiques pour le réseau strasbourgeois : la Braderie de Strasbourg, samedi 25 juillet, et la rentrée scolaire. Un calendrier qui ne doit rien au hasard : ce sont deux journées à très forte fréquentation pour les bus et tramways de l’Eurométropole.
Dans un communiqué adressé à ses collègues, la CGT CTS explique que cette décision « n’a pas été prise à la légère » et qu’elle est le résultat de « mois d’alertes, de propositions et de discussions restées sans véritable réponse » de la direction.
Des conditions de travail qui se dégradent, selon le syndicat
Le syndicat pointe la mise en place successive du PTA puis du PTA+, deux dispositifs qui auraient, selon lui, profondément modifié les services : journées allongées, amplitudes de travail augmentées, conditions d’exercice du métier durcies — y compris en pleine période de canicule.
La CGT CTS revient sur la CSSCT exceptionnelle du 24 juin 2026, lors de laquelle la direction se serait engagée à distribuer de l’eau aux agents de conduite sur l’ensemble du réseau et à mettre en place des services dits « jockeys » pour soulager les équipes en cas de conditions climatiques extrêmes.
Des engagements restés lettre morte, affirme le syndicat : au dépôt d’Elsau, aucune distribution d’eau n’aurait été organisée le samedi 27 juin, malgré une alerte rouge canicule. Il aurait fallu, selon la CGT CTS, l’intervention directe du secrétaire général du syndicat auprès de la direction pour qu’une distribution soit finalement mise en place — les agents ayant déjà passé la journée sous une forte chaleur. Les services « jockeys » auraient quant à eux été absents sur certaines lignes pourtant particulièrement exposées.

Le licenciement d’une salariée du dépôt UPE ravive la mobilisation
À cette colère sur les conditions de travail s’ajoute un second motif de mobilisation, propre au dépôt UPE : le licenciement d’une collègue, Sylvaine, décrite par ses collègues comme une amie. Dans un second texte, les agents du dépôt expliquent vouloir être « présents lors de la première journée ciblée de la grève », le 25 juillet, jour de la Braderie, pour lui témoigner leur soutien.
« Nous avons tous mangé un jour au côté de Sylvaine, nous avons tous plaisanté et rigolé un jour au côté de Sylvaine », écrivent-ils, jugeant « inconcevable » qu’un bus ou un tram sorte du dépôt UPE ce jour-là. Au-delà du cas individuel, plusieurs agents y voient un symbole : celui d’une direction qui, selon eux, « privilégie la sanction plutôt que le dialogue ».
Un appel à la mobilisation collective avant la Braderie
Les deux textes convergent vers un même message : la mobilisation ne fonctionnera que si elle est largement suivie. « Une grève ne se gagne pas grâce à quelques militants, elle se gagne grâce à la mobilisation de tous », insiste la CGT CTS, qui appelle les agents à ne pas laisser « quelques-uns se battre pour tous ».
Reste à savoir quel sera l’impact concret sur le trafic des bus et tramways strasbourgeois le samedi 25 juillet, jour de grande affluence pour la Braderie. StrasInfo suivra l’évolution de ce dossier dans les prochains jours, notamment d’éventuelles précisions de la direction de la CTS ou de l’Eurométropole de Strasbourg sur le service prévu.
