Alors que la Ville de Strasbourg évoque une « situation financière très difficile« , un marché public de 140 000 € vient d’être lancé pour remplacer l’arche lumineuse du Christkindelsmärik, place Broglie. Une annonce qui ne passe pas auprès de nombreux Strasbourgeois.
Une arche vieillissante, un projet en cours d’attribution
L’entrée emblématique du marché de Noël de la place Broglie, l’un des plus anciens de France puisqu’il remonte à 1570, va changer de visage dès cet hiver. La municipalité a publié au printemps un marché public pour remplacer l’arche actuelle, jugée vieillissante et nécessitant des réparations de plus en plus fréquentes.
La future double arche, en bois, haute de 5 à 7 mètres et ornée de sapins et de bougies, devra selon le cahier des charges donner envie aux visiteurs de la prendre en photo. Un choix assumé : la Ville la présente comme un marqueur visuel taillé pour Instagram, photographié, filmé et hashtaggé par des millions de visiteurs chaque année.
Un budget de 140 000 € qui interroge
C’est le montant qui cristallise les critiques : 140 000 € pour cette seule arche d’entrée. Pour de nombreux lecteurs de StrasInfo, la dépense pose question dans un contexte où la municipalité invoque par ailleurs des contraintes budgétaires pour justifier l’arrêt de plusieurs projets d’intérêt général.

Les réactions des Strasbourgeois
Les commentaires publiés sous l’article témoignent d’un agacement partagé. Gaëtan résume le sentiment général en évoquant des « priorités » mal placées. Eric y voit la marque d’une municipalité qui refuse tout changement, ironisant sur le fait que l’arche sera remplacée par la même enseigne. Aline s’interroge sur l’utilité d’une nouvelle arche lumineuse face à l’urgence du réchauffement climatique. Valérie dénonce, avec insistance, un excès de moyens à Strasbourg. Sophie, plus développée, juge la dépense particulièrement choquante alors que la municipalité stoppe plusieurs projets d’intérêt général au nom d’un audit financier, et rappelle l’urgence climatique ainsi que les inégalités sociales pointées par le dernier rapport de l’Insee.
Ce dossier illustre une tension de fond à Strasbourg : celle entre l’image de marque touristique de la ville, portée par son marché de Noël et pensée pour les réseaux sociaux, et les attentes des habitants sur l’usage des deniers publics en période de tension budgétaire.
