Strasbourg, mai 2026 – Le Collectif contre la précarité Strasbourg-Eurométropole attend toujours.
Le 13 février 2026, à la Maison des Associations de Strasbourg, le Collectif contre la précarité Strasbourg-Eurométropole présentait son rapport annuel devant les candidats aux municipales. Catherine Trautmann, représentée ce soir-là par Céline Geissmann, prenait un engagement clair : rencontrer le collectif dès le premier mois de mandat. Pierre Jakubowicz, lui, était présent en personne.
Les deux candidats avaient également signé — ou validé — la charte d’engagement du collectif : Trautmann pour 18 propositions sur 21, Jakubowicz pour 16. Des engagements chiffrés, publics, sur des sujets aussi concrets que l’hébergement d’urgence, les soins pour les personnes précaires, ou la lutte contre le mobilier urbain hostile.
Premier mois de mandat : les réverbères, pas la précarité
Depuis l’élection, la nouvelle majorité municipale a notamment acté le rallumage de l’éclairage public nocturne à Strasbourg — une décision visible, médiatisée, saluée par une partie de la population.
Mais pour les 25 associations membres du Collectif contre la précarité Strasbourg-Eurométropole, qui travaillent au quotidien sur le logement, l’alimentation, l’accès aux soins et la protection juridique des plus démunis, le silence est total. Aucune rencontre n’a été organisée. Aucune réponse institutionnelle n’a été reçue à ce jour.
Le 29 avril 2026, le collectif a adressé un courrier formel à Madame la Maire lui rappelant l’engagement pris par sa représentante six semaines plus tôt. À ce jour, la lettre est restée sans réponse.

25 associations, 1 000 personnes à la rue comptées en 2020 — et une charte qui attend
Structuré au printemps 2023, le Collectif contre la précarité Strasbourg-Eurométropole regroupe des associations nationales à ancrage territorial et des organisations citoyennes locales. Son champ d’action couvre le logement, l’hébergement d’urgence, la lutte contre l’exclusion, l’accès aux droits et aux soins, et l’action sociale.
Le collectif inscrit son travail dans la continuité d’une mobilisation de longue date : c’est lui qui avait organisé la première Nuit de la Solidarité à Strasbourg au printemps 2020, qui avait alors dénombré 1 000 personnes sans abri dans l’agglomération.
Parmi les 21 propositions de sa charte, plusieurs ont fait l’objet de réserves ou de refus de la part des candidats. Jakubowicz avait notamment refusé de s’engager sur la lutte contre le mobilier urbain hostile et contre le réinstauration d’arrêtés anti-mendicité (proposition 7), ou sur l’activation de tous les leviers juridiques pour garantir un hébergement inconditionnel (proposition 20). Trautmann avait de son côté refusé de s’engager sur la publication annuelle de la liste des bâtiments vacants pour réquisition à des fins sociales (proposition 12).

« Nous ne manquerons pas de vous interpeler »
Dans leur courrier du 29 avril, les associations sont directes : elles souhaitent être des interlocuteurs actifs de l’équipe municipale dans la mise en œuvre des politiques sociales, et rappellent qu’elles « ne manqueront pas d’interpeler » la Maire durant son mandat si les engagements ne sont pas tenus.
La question posée est simple : les 18 engagements validés par Catherine Trautmann le 13 février étaient-ils une posture électorale, ou le point de départ d’un vrai travail partenarial sur la grande précarité à Strasbourg ?
Le premier mois de mandat n’a pas encore apporté de réponse.
