Depuis plusieurs mois, l’arrière du parc Gruber, dans le quartier de Koenigshoffen, servait de dépotoir à ciel ouvert. Pneus usagés, filtres à huile, tableaux de bord, courroies : des déchets automobiles et professionnels s’y accumulaient progressivement, à l’abri des regards, dans une zone peu éclairée et restée accessible la nuit via une entrée arrière non sécurisée. Certains pneus avaient même fini dans le Mühlbach, le ruisseau qui longe le site.

Ce n’était pas la première fois. Il y a environ trois ans déjà, l’association syndicale du parc Gruber avait dû faire évacuer pas moins de cinq tonnes de pneus — à ses propres frais. Robin Fischer, son président, l’avait rappelé avec amertume : le parc ne peut pas devenir un dépôt gratuit pour ceux qui cherchent à se débarrasser de leurs déchets sans en payer le prix.


Un site en transition, une cible facile

Le parc Gruber est un ancien site industriel de la brasserie du même nom, reconverti en espace mêlant ateliers, commerces et associations. Mais sa partie basse, en friche, restait une zone vulnérable : mal surveillée, peu fréquentée la nuit, avec des accès non fermés. Les occupants du site — dont l’association Maison Rose — alertaient depuis des mois. Des riverains avaient relayé la situation sur les réseaux sociaux, photos à l’appui. Malgré plusieurs signalements aux autorités, aucune intervention n’avait été documentée publiquement.


Le nettoyage a eu lieu

Bonne nouvelle pour les habitants du quartier : la décharge a finalement été nettoyée. Les pneus, les filtres à huile et les matériaux professionnels abandonnés ont été évacués. Un soulagement pour les riverains et les associations qui occupent le parc, excédés par des mois d’accumulation et d’inaction apparente.

Si le nettoyage est bienvenu, il ne règle pas le problème de fond. Tant que l’accès arrière du parc reste ouvert la nuit, que la zone n’est pas surveillée et que les auteurs des dépôts sauvages ne sont pas identifiés ni sanctionnés, le risque de récidive demeure. Les habitants le savent, et plusieurs le disent : dans quelques semaines, sans mesure préventive, la décharge pourrait bien se reformer au même endroit.

Sécuriser les accès, renforcer l’éclairage, poser des caméras, engager les poursuites contre les contrevenants : les solutions existent. Reste à savoir si elles seront mises en œuvre avant le prochain dépôt sauvage.