Un accident de course cycliste, 80 victimes, des dizaines d’intervenants mobilisés — tout était fictif. Mais l’enjeu, lui, était bien réel. La préfecture du Bas-Rhin a organisé un exercice de sécurité civile grandeur nature entre Saverne et Haegen, mettant à l’épreuve le plan ORSEC NOVI, le dispositif d’urgence prévu pour les catastrophes à victimes multiples.

Le plan NOVI : quand les secours doivent tout coordonner en quelques minutes

Le plan NOVI — pour NOmbreuses VIctimes — est un volet spécifique du dispositif ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile). Son rôle : permettre une mobilisation immédiate et parfaitement coordonnée de l’ensemble des moyens médicaux et de secours dès lors qu’un événement génère un nombre élevé de victimes en un même lieu. Incendie collectif, attentat, accident de transport en commun, catastrophe industrielle — c’est ce plan qui structure la réponse de l’État dans les premières minutes, les plus critiques.

Un scénario réaliste au cœur du Bas-Rhin

Pour cet exercice, les services de l’État ont simulé un accident grave survenu lors d’une course cycliste : un véhicule fait irruption dans le peloton et la zone spectateurs, provoquant un chaos immédiat. Résultat : 80 victimes fictives à prendre en charge, incarnées par des étudiants en médecine de l’Université de Strasbourg. Un scénario volontairement dense, pensé pour saturer les capacités de réaction et révéler les éventuels points de friction dans la chaîne de commandement.

Tester, coordonner, améliorer

L’exercice poursuivait plusieurs objectifs opérationnels concrets. Il s’agissait d’abord d’évaluer la rapidité de mise en œuvre des plans d’intervention et la fluidité du circuit de commandement. Ensuite, de mettre à l’épreuve la coordination entre acteurs : sapeurs-pompiers du SIS 67, SAMU 67, forces de l’ordre, gendarmerie du Bas-Rhin, services préfectoraux, élus et autorités judiciaires.

Un volet logistique était également central : comment accélérer l’évacuation des blessés depuis le poste médical avancé vers les structures hospitalières — dont le CHRU de Strasbourg ? Enfin, une dimension souvent sous-estimée était intégrée : l’accompagnement médico-psychologique des impliqués via la CUMP 67, et l’information des proches des victimes.

La culture du risque, ça s’entraîne

Ces exercices ne sont pas de simples formalités administratives. Ils constituent un investissement collectif dans la résilience du territoire. Chaque drill permet d’affiner les procédures, de détecter les défaillances avant qu’elles ne surviennent dans un contexte réel, et surtout d’ancrer une culture partagée de la gestion de crise entre des services qui, au quotidien, n’ont pas toujours l’habitude de travailler ensemble. Dans un département aussi dense que le Bas-Rhin, c’est une nécessité.