Catherine Trautmann ne desserre pas l’étau. Sur les réseaux sociaux, la maire de Strasbourg a durci le ton contre la venue de Patrick Bruel au Zénith, situé sur la commune d’Eckbolsheim, le 21 novembre prochain. Face à la multiplication des témoignages et des plaintes déposées contre l’artiste pour des faits de violences sexuelles, l’élue réaffirme une position prise dès le mois de mai : le retrait de l’artiste n’est plus une option, mais une nécessité.

« Un retrait apparaît désormais nécessaire »

Le message de la maire ne laisse guère de place à l’ambiguïté. Au regard du nombre de plaintes et de la gravité des faits dénoncés, Catherine Trautmann considère qu’un retrait de l’artiste s’impose. Elle indique avoir directement alerté le gestionnaire de la salle et lui avoir demandé d’étudier tous les leviers à sa disposition pour empêcher la tenue du concert à Strasbourg.

En s’adressant frontalement au gestionnaire de la salle, la Ville pousse ouvertement pour une déprogrammation. Reste à savoir si le Zénith, exploitant privé installé à Eckbolsheim, ira dans ce sens ou maintiendra la date. Aucune réponse du gestionnaire n’est mentionnée à ce stade.

Présomption d’innocence, mais gravité des faits assumée

Catherine Trautmann prend soin de rappeler que l’établissement des faits revient à la justice, dans le respect du principe de présomption d’innocence. Mais elle ne temporise pas pour autant : selon elle, le retrait du concert permettrait justement de laisser à la justice le temps de faire son travail et d’établir la vérité, sans que la tenue de l’événement ne vienne brouiller le message.

Une solidarité affichée avec les victimes

La maire ne se contente pas d’une posture d’attente. Elle affirme que ces témoignages et ces plaintes doivent être pris « avec la plus grande gravité » et que la parole des femmes qui se sont exprimées doit être entendue et respectée. Elle affiche sa solidarité avec l’ensemble des victimes de violences sexuelles, un engagement qu’elle dit porter comme une priorité majeure de son mandat.