Le Racing Club de Strasbourg Alsace et Winamax ont officialisé ce 22 juillet 2026 la prolongation de leur collaboration pour deux saisons supplémentaires, avec une option pour 2029. L’opérateur de paris sportifs et de poker en ligne, déjà présent dans l’écosystème du club depuis 2020, franchit une étape supplémentaire : il devient l’unique sponsor visible sur la face avant du nouveau maillot domicile 26-27, mais aussi sur les tuniques extérieur et third, ainsi que sur les tenues d’entraînement des Bleu et Blanc.
Une exclusivité totale, donc, sur l’espace le plus visible du maillot strasbourgeois — celui que porteront les joueurs à chaque rencontre de Ligue 1, à la Meinau comme à l’extérieur.
Une présence renforcée au Stade de la Meinau et sur le digital
Au-delà du textile, l’accord prévoit un déploiement large autour du stade de la Meinau et de ses 31 500 places. Le club et l’opérateur annoncent des espaces publicitaires renforcés, des animations exclusives pour le public alsacien, ainsi que des opérations dites « Inside » permettant à des supporters de vivre l’avant-match au plus près des joueurs.
S’y ajoutent des parrainages de matchs, des animations à la mi-temps, et des tournois de poker exclusifs. Le partenariat se prolonge également sur les réseaux sociaux du club et sur Winamax TV, avec des rendez-vous hebdomadaires et des contenus dédiés à la communauté strasbourgeoise.
Ce que représente ce partenariat pour les deux parties
Pour Winamax, présent dans le football français depuis plusieurs saisons, ce renouvellement confirme une stratégie d’ancrage régional assumée. Alexandre Roos, cofondateur et PDG de la société parisienne, évoque une collaboration entamée en 2021 et une fierté à occuper la place de sponsor principal sur un maillot chargé d’histoire.
Côté Racing, le président Marc Keller salue l’engagement et la fidélité des dirigeants alsaciens de Winamax, Alexandre Roos et Christophe Schaming, et présente cette évolution comme une nouvelle étape dans la relation entre le club et l’opérateur.
Sur le plan strictement financier, cet accord conforte une source de revenus importante pour un club qui doit conjuguer ambitions sportives — le Racing sort d’une demi-finale européenne historique — et gestion d’un modèle économique sous surveillance depuis l’entrée de BlueCo au capital.

Paris sportifs et jeunes publics : une question qui ne peut être esquivée
Ce partenariat s’inscrit toutefois dans un contexte que StrasInfo ne peut ignorer. Les opérateurs de paris sportifs et de jeux d’argent en ligne font l’objet, en France, d’une vigilance croissante des autorités sanitaires et des associations de prévention des addictions, notamment concernant l’exposition des jeunes publics à ces marques via le sport.
Un club de football professionnel touche un public très large, y compris mineur, à travers ses matches diffusés, ses réseaux sociaux et la vente de maillots floqués du logo du sponsor. Associer de manière aussi visible et exclusive l’image du Racing — club centenaire, symbole identitaire fort pour toute une région — à un opérateur de paris sportifs pose légitimement la question de la cohérence entre cette visibilité commerciale et les enjeux de santé publique liés au jeu d’argent, en particulier chez les plus jeunes supporters.
Cette question ne remet pas en cause la légalité de l’accord, strictement encadré par la réglementation française du secteur. Elle interroge plutôt un choix d’image et de valeurs : un club aussi ancré dans son territoire que le Racing pouvait-il, ou devait-il, privilégier un partenaire davantage identifié à l’Alsace plutôt qu’un opérateur national de paris en ligne ? La question reste ouverte, et mérite d’être posée dans un débat public serein, sans remettre en cause la réalité économique à laquelle est confronté le club.
