Le procès s’est ouvert ce lundi devant la cour criminelle du Bas-Rhin. Un ostéopathe ayant exercé à Eschau et dans deux autres communes de l’Eurométropole de Strasbourg, comparaît pour viols et agressions sexuelles sur 29 de ses patientes. Des faits qui remonteraient à 2018–2021.

Un praticien face à la justice criminelle

L’accusé, 37 ans, a débuté sa carrière d’ostéopathe en 2014. Il exerçait dans trois cabinets — dont un à Eschau, commune du sud de l’Eurométropole — avant que les signalements ne s’accumulent et ne débouchent sur sa mise en examen il y a environ cinq ans. Il comparaît aujourd’hui libre, sous contrôle judiciaire, et risque jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

Le procès est prévu sur huit journées d’audience, jusqu’au 12 juin, avec un verdict attendu le 10 juin.

29 patientes, des faits similaires, une même dynamique

Ce qui frappe dans ce dossier, c’est la cohérence des témoignages. Toutes les plaignantes décrivent le même schéma : une mise en confiance soigneusement installée, puis des actes qui les ont laissées en état de sidération — un état psychologique confirmé par une experte psychologue appelée dans le cadre de la procédure.

Au total, le parquet retient :

  • 8 viols sur huit patientes distinctes
  • 21 à 23 agressions sexuelles sur d’autres femmes

Les faits sont qualifiés de crimes commis par une personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction — circonstance aggravante centrale dans ce type d’affaire.

La défense plaide la maladresse professionnelle

L’accusé nie tout caractère sexuel aux actes qui lui sont reprochés. Son avocat oriente la défense vers l’argument thérapeutique : des gestes mal interprétés, des maladresses professionnelles, rien de plus. Une ligne de défense que les associations de victimes et plusieurs avocats des plaignantes jugent difficile à tenir face à l’ampleur du dossier.

La défense a également posé cette question : « Est-ce que le nombre fait la vérité ? » — formule qui résume bien la stratégie adoptée : mettre en doute la convergence des récits plutôt que de les réfuter un par un.

À noter : aucun huis clos général n’a été demandé par la défense. Une seule plaignante a sollicité un huis clos partiel pour être entendue hors public.

Quatre jours d’auditions pour entendre les 29 victimes

Du mardi 3 au vendredi 6 juin, la cour entendra l’ensemble des plaignantes. Un dispositif d’accompagnement a été mis en place par l’association France Victimes 67, présente tout au long des débats. Une chienne d’assistance judiciaire, Visa, appartenant à l’association Viaduq France Victimes 67, sera également présente pour soutenir les victimes lors de leur prise de parole.

Au-delà de l’affaire judiciaire, ce procès pose une question qui dépasse Eschau ou Strasbourg : celle de la vulnérabilité des patients face à des soignants qui abusent du lien thérapeutique. Des actes qui, selon les experts, laissent des traces psychologiques durables — d’autant plus profondes que la victime faisait confiance à ce professionnel pour prendre soin d’elle.

Le verdict est attendu mercredi 10 juin 2026.