Chaque année, le 4 mai, une phrase s’impose dans des millions de conversations à travers le monde : « May the Fourth be with you. » Un jeu de mots, une tradition, et pour l’Alsace, bien plus qu’un clin d’œil : une véritable culture de fans, enracinée depuis plus de vingt ans dans la région.
Le calembour qui a conquis la galaxie
Tout repose sur une ressemblance sonore en anglais. « May the Force be with you » — réplique culte de la saga — se superpose phonétiquement à « May the Fourth », le 4 mai. De ce glissement de sens est né un rendez-vous mondial. La première trace écrite de ce jeu de mots remonte au 4 mai 1979 : le Parti conservateur britannique l’avait utilisé dans le London Evening News pour féliciter Margaret Thatcher de son accession à Downing Street. Depuis, les réseaux sociaux ont transformé cette curiosité historique en célébration planétaire.
Et pour les amateurs du côté obscur, le lendemain, 5 mai, a son propre sobriquet : Revenge of the Fifth, clin d’œil au film La Revanche des Sith.

En Alsace, une communauté bien réelle
Loin d’être une simple tendance en ligne, Star Wars fédère en Alsace une communauté active et organisée. Le 68ème Impérial, association basée à Colmar et fondée en 2002, en est l’exemple le plus emblématique. Ses membres fabriquent eux-mêmes costumes et accessoires, et organisent la SF Connexion, l’un des principaux salons régionaux dédiés à la science-fiction et au fantastique.
À Molsheim, le salon Bretzwar porte jusque dans son nom la double identité alsacienne et galactique de ses participants. Ces événements rassemblent chaque année des passionnés de tout le Bas-Rhin et au-delà.

Strasbourg met la Force en musique
La dimension culturelle de Star Wars dépasse largement les conventions de cosplay. À Strasbourg, l’Orchestre philharmonique a intégré à plusieurs reprises les compositions de John Williams à son répertoire, notamment lors de cycles consacrés aux grandes musiques de films au Palais de la musique et des congrès. Des ciné-concerts au Zénith ont également marqué les esprits, avec parfois la présence d’acteurs iconiques de la saga — dont Anthony Daniels, interprète de C-3PO — pour des séances de dédicaces.

Une date, une occasion de se rappeler pourquoi la saga dure
Quarante-huit ans après la sortie du premier film, Star Wars reste une référence culturelle transgénérationnelle. En Alsace comme ailleurs, le 4 mai n’est pas qu’une date sur un calendrier : c’est un prétexte à se retrouver, à partager, à construire des costumes pendant des mois pour défiler une heure dans une salle de convention.
May the Fourth be with you, Strasbourg.
