À quelques mois des élections municipales de 2026, Jeanne Barseghian dévoile un programme dense, articulé autour d’une promesse centrale : faire de Strasbourg une ville où l’essentiel ne soit plus une source d’angoisse. Logement, alimentation, santé, mobilité, culture — le projet touche à tous les pans du quotidien strasbourgeois. StrasInfo en fait le tour.


Logement : encadrement des loyers et 3 000 constructions par an

C’est sans doute la mesure la plus attendue dans une ville où la tension locative est réelle. La candidate sortante s’engage sur l’encadrement des loyers « sur toute la ville, dès que possible », la régulation des meublés de tourisme type Airbnb et la création d’une brigade municipale du logement chargée de faire respecter la réglementation.

Côté construction, l’objectif est ambitieux : 3 000 logements par an dans l’Eurométropole, dont près de la moitié en logements sociaux, répartis sur l’ensemble du territoire. Le bail réel solidaire est également mis en avant pour permettre à des ménages modestes d’accéder à la propriété sans spéculation. Des quartiers comme la Montagne-Verte, la Musau, Cronenbourg nord et la Cité de l’Ill sont explicitement cités pour un renforcement des services publics de proximité.


Alimentation et vie de quartier : local, bio et accessible

75 % de produits bio, locaux et de saison dans les assiettes des écoliers strasbourgeois — c’est l’un des engagements phares sur l’alimentation. Le programme prévoit la création de cuisines centrales municipales pour les cantines, ainsi que des cantines de quartier intergénérationnelles à petit prix. Les supermarchés coopératifs seraient soutenus, tout comme l’implantation de marchés, tiers-lieux et commerces de proximité pour faire vivre les quartiers.

Autre mesure notable : les 30 premiers mètres cubes d’eau gratuits pour tous les foyers, suivis d’une tarification progressive et solidaire.


Santé : mutuelle communale et maisons de santé mobiles

Face à la désertification médicale qui touche aussi Strasbourg, le programme prévoit de nouvelles maisons urbaines de santé et des centres de santé municipaux mobiles. Une mutuelle communale serait créée pour offrir une couverture complémentaire à prix abordable. La santé mentale des étudiants ferait l’objet d’un lieu dédié, et l’ordonnance verte permettrait de réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Un dispensaire vétérinaire municipal est même prévu pour les animaux domestiques.


Mobilité : tram vers Schiltigheim, bus 24h/24 et vélo renforcé

Sur les déplacements, plusieurs annonces concrètes : l’extension du tramway entre Strasbourg et le quartier des Écrivains à Schiltigheim, un réseau de bus étendu fonctionnant 24h/24 et 7j/7, et la gratuité des transports CTS et Vélhop pour les 18-25 ans sans ressources et les ménages les plus modestes. Les seniors de 65 ans et plus bénéficieraient d’un carnet de 10 tickets à moitié prix.

La transformation des grandes artères en lieux de vie est aussi au programme — route de Schirmeck, avenue des Vosges, avenue du Rhin, route d’Oberhausbergen — avec davantage de place pour le vélo, les piétons et la végétation. La ville vise par ailleurs zéro mort sur les routes, avec une généralisation du 30 km/h hors grands axes.


Culture et sport : Hautepierre, Opéra et trois expériences par an pour chaque enfant

La culture resterait le deuxième budget de la ville. Parmi les projets : la réouverture du théâtre de Hautepierre, la rénovation de l’Opéra national du Rhin et du Palais des fêtes, la création d’une médiathèque au Port-du-Rhin à forte dimension jeunesse et franco-allemande, et un grand festival estival « L’été à Strasbourg » de juin à septembre. Chaque enfant aurait droit à trois expériences culturelles par an.

Côté sport, des activités gratuites en plein air dans les parcs, animées en lien avec les associations locales, et une meilleure accessibilité pour les personnes en situation de handicap sont prévues.


Démocratie locale : conventions citoyennes et référendums d’initiative

Le volet participatif est développé : conventions citoyennes thématiques (la première porterait sur la gestion des déchets et l’avenir de l’usine d’incinération), pétitions pouvant déclencher des référendums — ouverts aux résidents étrangers et aux plus de 16 ans —, assemblées de quartier renouvelées et ateliers d’urbanisme. Des projets comme la rénovation de la place de l’Homme de Fer ou la création du parc de Haguenau seraient ainsi co-construits avec les habitants.