Ce 30 juin, jour pour jour, Strasbourg replonge dans le souvenir d’un des braquages les plus marquants de son histoire. En 1971, l’Hôtel des Postes, rue de la Marseillaise, a été le théâtre d’un casse d’une rare efficacité : moins de quatre minutes pour disparaître avec l’une des plus grosses sommes jamais dérobées en France à l’époque.

Le déroulé d’une opération minutée

Ce jour-là, un fourgon blindé arrive à l’Hôtel des Postes avec à son bord des sacs destinés au paiement d’une partie des retraites et pensions de la région strasbourgeoise. Cinq convoyeurs de fonds assurent le transport de huit sacs remplis de billets. Des individus déguisés en électriciens surgissent, neutralisent le personnel présent et s’emparent du chariot. Une porte condamnée, rendue discrètement utilisable au préalable, leur permet de s’échapper vers une fourgonnette qui patiente côté avenue de la Marseillaise.

Un butin colossal pour l’époque

Le montant emporté s’élève à 11 680 000 francs nouveaux. Une somme qui fait à l’époque de ce hold-up l’un des plus importants jamais commis sur le sol français.

L’enquête s’oriente rapidement vers le milieu lyonnais, et plus particulièrement vers le tristement célèbre gang des Lyonnais. La voiture de fuite est retrouvée à Plobsheim, dans le Bas-Rhin, mais peu d’indices supplémentaires permettent de remonter la piste. Si des identifications informelles auraient circulé dès 1972, aucune preuve décisive n’a jamais permis d’aboutir judiciairement.

Une affaire toujours présente dans la mémoire alsacienne

Plus de cinquante ans après les faits, ce braquage reste une référence du grand banditisme régional. L’absence de coups de feu, la précision de l’exécution et la disparition presque totale du butin continuent d’alimenter l’intérêt pour cette affaire, devenue un cas d’école à Strasbourg comme ailleurs en France.