Le mercredi 17 juin 2026, Strasbourg accueille un meeting-concert gratuit intitulé « Justice pour la Palestine », organisé par l’Alliance de la gauche européenne (ELA), dont La France Insoumise, en partenariat avec le Collectif Palestine 67. L’objectif affiché : clore en fanfare une campagne de pétition européenne ayant réuni 1,2 million de signatures pour la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. En tête d’affiche : le rappeur Médine, pour un concert gratuit prévu en clôture à partir de 19h.

Sauf que l’événement n’a pas tardé à faire des vagues, bien avant le jour J.


Le PMC dit non à Médine

Tout commence début juin. Les affiches du meeting-concert circulent sur les réseaux sociaux : Médine apparaît en vedette. C’est en les découvrant que Strasbourg Events, société gestionnaire du Palais de la Musique et des Congrès (PMC), place de Bordeaux, prend connaissance pour la première fois de la présence du rappeur dans la programmation.

Le 4 juin, la société oppose formellement son veto. Motif invoqué : la réservation avait été faite pour « une réunion politique autour du droit international, 500 à 1 000 personnes », pas pour un concert. Le contrat n’étant pas encore signé, Strasbourg Events estime que Médine ne correspond pas à la ligne éditoriale du PMC et refuse de valider l’événement dans ce format.

Du côté de la mairie, la position est inconfortable : la ville, dirigée par Catherine Trautmann (PS), se dit « pas favorable à l’événement », tout en reconnaissant ne pas avoir « les moyens juridiques de s’y opposer ».


LFI contre-attaque : « censure politique »

L’eurodéputée LFI Manon Aubry, en charge des formalités de réservation, dément toute dissimulation. Elle produit des éléments précis : une offre commerciale validée par mail dès le 21 mai, et un second mail daté du 26 mai mentionnant explicitement Médine — « contact partie technique – Médine meeting mouvement populaire 17/06/26 ». Le communiqué conjoint de LFI et du Collectif Palestine 67, daté du 5 juin, va plus loin : il affirme qu’une demande écrite avait été adressée au PMC dès le 24 avril pour organiser un meeting politique et un concert de rap, et que l’identité de Médine avait été communiquée « à plusieurs reprises, tant oralement que par écrit », avec une réunion technique organisée avec les équipes du palais sur la partie concert. Pour eux, « ni l’objet ni la nature de l’événement n’ont été dissimulés à Strasbourg Événements, qui n’a pas émis la moindre réserve — et ce jusqu’à ce que Catherine Trautmann soit informée de sa tenue après sa médiatisation. »

LFI et le Collectif Palestine 67 dénoncent des « tentatives de censure et pressions politiques » de la part de la mairie strasbourgeoise, rappelant que la ville avait déjà tenté d’annuler un événement du Collectif Palestine 67 avec Rima Hassan le 2 mai.


⚠️ Changement de lieu confirmé : direction le Phare Citadelle

L’European Left Alliance l’a officialisé : malgré les pressions, le meeting-concert aura bien lieu le 17 juin à 19h, dans une nouvelle salle —

📍 Phare Citadelle — 13 rue de Nantes, Strasbourg

Accès en transports en commun :

  • 🚋 Tram D — arrêt Citadelle
  • 🚌 Bus G — arrêt Danube le Vaisseau

Dans leur communiqué, les organisateurs assument pleinement le changement de symbole : « Participer sera non seulement un acte de solidarité avec la Palestine, mais aussi un acte de résistance face à toutes les forces qui cherchent à réduire au silence les voix dénonçant le génocide en Palestine. »

Ce qui se joue à Strasbourg le 17 juin mêle plusieurs lignes de fracture : la question palestinienne à l’échelle européenne, les rapports entre LFI et la nouvelle majorité municipale PS de Catherine Trautmann, et la liberté d’expression dans les lieux publics. Entre communiqués de presse, accusations croisées et changement de salle de dernière minute, le meeting « Justice pour la Palestine » s’annonce comme l’un des événements politiques les plus chargés de l’année à Strasbourg.