La liesse a tourné court. Dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026, la victoire du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des Champions face à Arsenal a déclenché des scènes de fête dans les rues de Strasbourg — avant de dériver rapidement en actes de vandalisme et de pillage dans le centre-ville.

Une soirée festive qui bascule place de l’Homme-de-Fer

Comme dans de nombreuses villes françaises, les supporters strasbourgeois avaient investi les rues pour célébrer le sacre européen du PSG, acquis aux tirs au but face aux Gunners. Le secteur de la Place de l’Homme-de-Fer a d’abord vibré au rythme d’une ambiance festive et générale. Mais quelques minutes seulement après le coup de sifflet final, selon la préfecture du Bas-Rhin, quelque 600 individus au comportement hostile étaient déjà présents sur la place. Plusieurs d’entre eux s’en sont pris aux forces de l’ordre, qui ont dû faire usage de grenades lacrymogènes pour contenir la situation.

Des tirs de mortier ont été constatés place de l’Homme-de-Fer et place des Halles. Des feux ont également été allumés : neuf feux de poubelle et deux feux de véhicules légers ont été recensés dans la nuit.

Quatre commerces visés, dont Uniqlo et Foot Korner

Les premières dégradations ont rapidement évolué vers des actes plus graves. Au total, trois façades d’enseignes ont été saccagées et une quatrième a également fait l’objet de vols. Parmi les commerces touchés : le magasin Uniqlo, situé à proximité directe de la station de tramway Homme-de-Fer, et la boutique Foot Korner, spécialisée dans les accessoires et le streetwear sportif, dont la façade a été entièrement dégradée et des produits dérobés. Des vidéos des scènes ont circulé massivement sur les réseaux sociaux dans la nuit.

Pour faire face aux débordements, 70 CRS et policiers ont été mobilisés, renforcés par deux pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie. Au bilan : neuf personnes interpellées et deux policiers municipaux légèrement blessés par des tirs de mortier.

Trautmann condamne, l’Eurométropole nettoie dès l’aube

La maire de Strasbourg Catherine Trautmann a fermement condamné ces violences dans un communiqué, soulignant que si la très grande majorité des supporters avait fêté la victoire dans le calme, rien ne pouvait justifier les actes commis par une minorité. Elle a rappelé que Strasbourg est une ville de sport, de rassemblement et de fête, et que la violence n’y a pas sa place.

Ce dimanche matin dès 6 heures, les services de nettoyage de l’Eurométropole de Strasbourg étaient déjà à pied d’œuvre. À leur passage, peu de traces subsistaient des violences de la nuit.

Des incidents similaires à Mulhouse, Colmar et dans toute la France

Strasbourg n’est pas un cas isolé. Des tensions ont également été signalées dans les centres-villes de Mulhouse et de Colmar. À l’échelle nationale, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a fait état de 780 interpellations en lien avec des violences post-match, soit une hausse de 32 % par rapport à l’an dernier. À Paris, le bilan est encore plus lourd, avec un mort, un adolescent dans un état grave et 270 gardes-à-vue.