Le marché du travail se dégrade dans le Bas-Rhin. Selon les dernières données de la Dares, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un travail progresse de 3,7 % en un an dans le département. Une évolution qui mérite attention à Strasbourg et dans son agglomération.

Les chiffres du marché de l’emploi dans le Bas-Rhin ne sont pas particulièrement encourageants. Au troisième trimestre 2026, le département enregistre une nouvelle progression du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à France Travail. Une tendance qui contraste avec celle observée dans le Haut-Rhin et qui interroge sur la situation de l’emploi en Alsace.

D’après les données publiées par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), le Bas-Rhin compte 87 860 personnes inscrites dans les catégories A, B et C. Cela représente une augmentation de 3,7 % sur un an.

Derrière cette évolution, une réalité importante : des milliers de personnes sont toujours à la recherche d’un emploi dans le département, dont une partie depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.

Bas-Rhin : une hausse de 3,7 % des demandeurs d’emploi en un an

Le chiffre mérite attention. En un an, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits dans les catégories A, B et C a progressé de 3,7 % dans le Bas-Rhin.

Ces catégories regroupent les personnes tenues de rechercher un emploi, qu’elles soient sans activité ou qu’elles exercent une activité réduite.

Parmi elles, 51 070 personnes sont inscrites en catégorie A, c’est-à-dire sans emploi.

Cette situation montre que la progression ne concerne pas uniquement les personnes qui travaillent occasionnellement tout en recherchant un poste. Elle concerne également les personnes totalement privées d’emploi.

Près de 45 % des demandeurs d’emploi inscrits depuis au moins un an

Autre indicateur à retenir : la durée d’inscription.

Dans le Bas-Rhin, 39 170 personnes inscrites dans les catégories A, B et C recherchent un emploi depuis un an ou plus.

Cela représente 44,6 % des demandeurs d’emploi de ces catégories.

Ce chiffre souligne le poids du chômage de longue durée dans le département. Pour les personnes concernées, retrouver un emploi peut devenir un parcours particulièrement difficile, notamment lorsque les recherches se prolongent et que les opportunités professionnelles ne correspondent pas toujours aux compétences ou aux attentes.

Strasbourg et son agglomération face aux enjeux de l’emploi

Pour Strasbourg, ces statistiques départementales constituent un indicateur important.

Dans la capitale alsacienne comme dans les communes de l’Eurométropole, notamment Schiltigheim, Illkirch-Graffenstaden, Lingolsheim ou Bischheim, les questions d’accès à l’emploi et de retour à l’activité restent des enjeux majeurs.

Il faut toutefois rappeler que les chiffres présentés concernent l’ensemble du Bas-Rhin. Ils ne permettent pas d’affirmer que Strasbourg connaît exactement la même évolution que le département.

Pour mesurer plus précisément la situation locale, il faudrait notamment examiner les données de la zone d’emploi de Strasbourg, les secteurs qui recrutent et les métiers confrontés à des difficultés de recrutement.

Haut-Rhin : une évolution moins défavorable sur le trimestre

La comparaison avec le département voisin apporte un éclairage supplémentaire.

Au troisième trimestre 2026, le Haut-Rhin compte 65 230 personnes inscrites en catégories A à E, contre 99 720 dans le Bas-Rhin.

Sur trois mois, le nombre d’inscrits recule de 0,9 % dans le Haut-Rhin, alors qu’il augmente de 1 % dans le Bas-Rhin.

Sur un an, la tendance reste différente : -1,3 % dans le Haut-Rhin, contre +2,5 % dans le Bas-Rhin pour l’ensemble des catégories A à E.

Les deux départements alsaciens connaissent donc des évolutions contrastées. Une différence qui mérite d’être suivie dans les prochains mois.

Un marché du travail à surveiller dans le Grand Est

À l’échelle régionale, le Grand Est compte 483 050 personnes inscrites à France Travail dans les catégories A à E au troisième trimestre 2026, soit une progression de 0,4 % sur un trimestre.

Le Bas-Rhin affiche ainsi une hausse trimestrielle plus importante que la moyenne régionale.

Ces données ne permettent cependant pas, à elles seules, d’expliquer les raisons de cette évolution. Elles dressent un état des lieux statistique du marché du travail et invitent à approfondir les réalités économiques propres à chaque territoire.

Emploi dans le Bas-Rhin : une tendance à suivre

La hausse du nombre de demandeurs d’emploi, associée à la part importante des personnes inscrites depuis au moins un an, dessine un constat préoccupant pour le marché du travail bas-rhinois.

Pour Strasbourg et son agglomération, la question reste désormais de savoir quels secteurs sont les plus concernés et quelles possibilités existent pour faciliter le retour à l’emploi.

Les prochains chiffres de la Dares permettront de vérifier si cette progression se poursuit ou si le marché du travail bas-rhinois amorce une amélioration.