Une tribune publiée le 28 octobre 2026 sur le Club de Mediapart réunit plus de 360 signataires. Parmi eux, plusieurs élus et acteurs associatifs strasbourgeois, qui demandent que l’attentat de Trappes soit qualifié d’« attentat raciste, négrophobe et islamophobe ».

Attentat de Trappes et La Verrière : ce qui s’est passé

Le vendredi 23 octobre, un homme a tiré au pistolet-mitrailleur sur des passants à Trappes et à La Verrière (Yvelines). Pengo Bossio Wangi a été tué. Une fillette de 12 ans a été grièvement blessée. Selon la tribune, le Parquet national antiterroriste s’est saisi du dossier dès les premières heures, en retenant la circonstance aggravante d’un crime commis en raison de l’origine ou de la religion, vraie ou supposée, des victimes.

D’après le texte, le tireur a expliqué après son interpellation avoir voulu « venger les commerçants » pillés le 17 octobre, en s’en prenant « aux Noirs et aux Arabes ».

Une tribune de la Plateforme pour l’Égalité des Droits

Le texte, publié sur le Club de Mediapart, espace d’expression libre des abonnés, est porté par la Plateforme pour l’Égalité des Droits. Les signataires sont des élus, des personnalités, des collectifs, des associations, des syndicats et des citoyens. Ils refusent de parler de « drame » ou de « coup de folie » et dénoncent une « tuerie planifiée ».

Ils mettent aussi en cause la séquence qui a suivi les manifestations et les violences du 17 octobre. Selon eux, des responsables politiques et des médias ont lié immigration, islam et insécurité. Leur formule : « Les mots ont précédé les balles. » Ils réclament un hommage national aux victimes.

Les signataires strasbourgeois

Plusieurs noms liés à Strasbourg et à l’Alsace figurent parmi les premiers signataires :

  • Florian Kobryn, conseiller d’Alsace et conseiller municipal de Strasbourg (LFI) ;
  • Benjamin Kuntz, conseiller municipal de Strasbourg et conseiller de l’Eurométropole (LFI) ;
  • Lisa Farault, conseillère municipale de Strasbourg (LFI) ;
  • Halima Meneceur, conseillère municipale de Strasbourg (LFI) ;
  • Kalilou Sylla, imam de la grande mosquée de Strasbourg ;
  • Leila Sihabi, militante décoloniale ;
  • Abdelkarim Ramdane, ancien conseiller municipal à Strasbourg, militant écologiste et associatif.
  • Iman El Feki, doctorante en sociologie à l’Université de Strasbourg.

Le Bas-Rhin est aussi représenté par Assiya Cariou, conseillère municipale de Lingolsheim, et Le Collectif décolonial pour la Palestine Strasbourg figure parmi les organisations signataires.

Islamophobie : le mot au cœur du débat

Les auteurs consacrent un passage au terme « islamophobie », dont ils estiment qu’il fait l’objet d’un débat sémantique. Ils affirment qu’il désigne une réalité étudiée depuis des décennies par les sociologues, reprise dans les rapports de la CNCDH depuis 2013, et reconnue par l’ONU dès 1998. Ils citent aussi les attaques de Bayonne (2019), de La Grand-Combe (avril 2025) et de Puget-sur-Argens (mai 2025).

Un enjeu à l’approche de la présidentielle

La tribune rappelle que les Français éliront leur président dans quelques mois. Elle appelle la classe politique et les médias à nommer clairement les faits, et estime que ceux qui ne le feront pas devront répondre de leurs mots devant l’opinion.