Le parquet de Strasbourg a ouvert le lundi 26 octobre 2026 une enquête pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique. Elle fait suite à des images tournées à Strasbourg le samedi 24 octobre, en marge d’une manifestation « sauvage » liée à la mobilisation sociale. La vidéo montre l’interpellation de plusieurs personnes par des policiers.

Ce que montrent les images du quai des Pêcheurs

La scène a été filmée par le photojournaliste strasbourgeois Elyxandro Cegarra Gomez, à hauteur du quai des Pêcheurs, on y voit :

  • deux jeunes hommes vêtus de noir et masqués, dont l’un boite et est soutenu par l’autre après une chute ;
  • deux personnes équipées en « street medics », reconnaissables à une croix blanche sur leur casque, qui accourent pour les aider ;
  • plusieurs policiers, décrits comme des CRS, qui plaquent les trois hommes au sol et leur portent plusieurs coups de matraque ;
  • deux manifestants traînés sur la chaussée puis emmenés, tandis qu’un des secouristes serait relâché peu après.

Selon les sources consultées, aucune attitude agressive visible des trois hommes ne semble, sur la vidéo, justifier leur interpellation ou les coups portés. Cette appréciation devra être vérifiée par l’enquête.

Une plainte déposée par un « street medic »

L’enquête a été lancée à la demande du directeur interdépartemental de la police nationale du Bas-Rhin, Jean Hayet. Elle est confiée à la cellule déontologie de la DIPN du Bas-Rhin, et non à l’IGPN, selon les informations publiées. Une plainte a par ailleurs été déposée par l’un des « street medics » présents sur les images, qui s’est présenté comme secouriste. L’enquête doit établir la réalité, les circonstances et la légalité des faits visibles sur la vidéo.

La vidéo ne suffit pas à elle seule à établir une infraction. C’est une pièce centrale, mais l’enquête devra déterminer :

  • si les interpellations étaient fondées ;
  • si l’usage de la matraque était proportionné et légitime ;
  • si des secouristes et une personne blessée ont été pris dans l’intervention alors qu’ils n’étaient pas visés ;
  • si les images, les témoignages et les procès-verbaux concordent.

Ne pas confondre avec l’affaire du lycée Pasteur

Une autre affaire récente agite Strasbourg : celle d’un lycéen de 15 ans interpellé le 8 octobre près du lycée Pasteur. Une enquête du parquet et un signalement à l’IGPN ont été ouverts, et la famille a porté plainte pour violences aggravées. Ce n’est pas la même affaire que celle du 24 octobre, même si les deux nourrissent la controverse sur les interventions policières dans la capitale alsacienne.

La vidéo, pièce clé pour les enquêteurs

Pour les enquêteurs, les avocats et les journalistes, un tel document a d’autant plus de valeur qu’il est authentique et traçable. Il faut conserver l’original non recadré, avec l’heure, le lieu et si possible les métadonnées, et indiquer clairement la source et la date de la prise de vue.

La suite dépendra des conclusions de la cellule déontologie de la DIPN du Bas-Rhin.