Le tribunal correctionnel de Strasbourg a rendu son verdict mardi 1er septembre à l’issue d’une comparution immédiate particulièrement éprouvante. Un quadragénaire originaire de Rouen comparaissait pour corruption de mineur et détention d’images de mineur à caractère pornographique. L’enquête a permis de retrouver 137 photos de corps dénudés en sa possession.

Le témoignage d’une jeune Strasbourgeoise au cœur de l’audience

Une jeune fille, aujourd’hui âgée de 14 ans, s’est constituée partie civile lors de l’audience. Les faits, à connotation sexuelle, se sont déroulés en 2024 via les réseaux sociaux, alors qu’elle n’avait que 12 ans et que le prévenu en avait 38. Elle a raconté avoir résisté aux sollicitations de l’homme, expliquant avoir pensé à ses propres enfants au moment de refuser. Le tribunal a salué son courage face à cette épreuve.

Une seconde victime domiciliée en Charente

Une autre jeune fille, basée à Angoulême, s’était également constituée partie civile lors de l’audience. Elle aussi aurait été sollicitée par le prévenu pour l’envoi de clichés intimes, entre mai et juin 2026. Selon l’accusation, l’homme aurait fait preuve d’une grande technicité et de stratagèmes réfléchis pour approcher ses victimes — allant jusqu’à acheter et faire livrer un téléphone portable au domicile charentais de l’adolescente afin de contourner le contrôle parental.

Un profil déjà connu de la justice

Le prévenu, père de trois enfants, avait déjà été condamné en 2012 pour agression sexuelle envers une adolescente. Devant le tribunal, il s’est dit virtuellement attiré par les mineurs et a livré un témoignage trouble sur son incompréhension face à ses propres actes. L’expertise psychiatrique menée dans le cadre de la procédure n’a toutefois pas relevé d’élément de dangerosité.

La défense a appelé le tribunal à éviter les raccourcis, rappelant que son client avait, malgré tout, tenté de corriger son passé.

Le verdict du tribunal correctionnel

Au terme de l’audience, le tribunal correctionnel de Strasbourg a condamné le quadragénaire à 30 mois de prison, dont 18 assortis d’un sursis simple. La cour a également prononcé une interdiction définitive d’exercer toute activité impliquant des mineurs, ainsi qu’une indemnisation totale de 3 000 euros au titre du préjudice moral subi par les victimes.