La préfecture du Bas-Rhin a publié, le 23 juillet 2026, un appel à candidature qui pourrait changer la donne pour certains habitants des quartiers prioritaires de la ville (QPV) du département. Il s’agit de renouveler le collège des habitants du Conseil national des villes (CNV), une instance nationale rattachée au Premier ministre, pour la mandature 2026-2029.

Seize sièges sont à pourvoir à l’échelle nationale. Concrètement : des résidents de quartiers comme ceux que compte l’Eurométropole de Strasbourg pourraient siéger directement auprès du gouvernement pour peser sur les politiques d’habitat, d’éducation, de santé ou de prévention de la délinquance.

Le CNV, c’est quoi exactement ?

Créé en 1988, le Conseil national des villes émet des recommandations sur saisine ministérielle ou de sa propre initiative, sur tout ce qui touche aux quartiers prioritaires : cadre de vie, éducation, santé, prévention de la délinquance, lutte contre les discriminations. L’instance revendique un principe de neutralité, sans influence politique, syndicale, associative ou cultuelle.

Le collège des habitants, institué par décret en 2015, compte 16 membres. L’objectif affiché : faire remonter une véritable « expertise d’usage », celle de ceux qui vivent au quotidien dans ces quartiers, plutôt que de laisser la parole aux seuls élus ou techniciens.

Quel engagement pour les candidats ?

Le mandat n’est pas symbolique. Les membres retenus devront :

  • Assister à environ quatre assemblées plénières par an (une demi-journée chacune)
  • Participer à au moins un groupe de travail (environ une réunion mensuelle)
  • Répondre aux sollicitations du secrétariat général
  • Relayer les avis et recommandations du CNV

La fonction est bénévole, mais les frais de transport sont pris en charge par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), et l’hébergement peut l’être également. Un Congé Engagement Associatif de 6 jours par an est prévu, ainsi qu’une valorisation via le compte d’engagement citoyen.

Qui peut candidater ?

Les conditions sont précises : il faut résider dans un quartier prioritaire de la politique de la ville, présenter un casier judiciaire vierge, et ne pas être élu (local, départemental, régional, national ou européen). Le dossier de candidature doit comprendre une lettre de motivation, un CV, un justificatif de domicile en QPV, un extrait de casier judiciaire, et une attestation sur l’honneur de neutralité.

Les candidatures sont à envoyer avant le 31 juillet 2026 à l’adresse pref-secretariat-pdec@bas-rhin.gouv.fr. Le document précise que les dossiers seront ensuite examinés par les services de la préfecture de la Dordogne, avant une désignation finale par le ministre de la Ville et du Logement, actée par arrêté du Premier ministre au Journal Officiel.

Le calendrier est serré : les habitants des QPV du Bas-Rhin intéressés n’ont que quelques jours pour se manifester. Mais l’enjeu dépasse la simple formalité administrative : c’est une occasion rare de porter la voix des quartiers strasbourgeois jusqu’au sommet de l’État.