L’ancien gardien de but paraguayen José Luis Chilavert a fait parler de lui à la veille du 8e de finale opposant la France au Paraguay lors de la Coupe du monde 2026. Sur son compte X, il a répondu à Christophe Dugarry, qui avait annoncé dans l’émission Rothen s’enflamme que le Paraguay allait subir une lourde défaite face à l’attaque française. Sa réponse, publiée sur X à l’attention de L’Équipe, ABC Digital et Última Hora, ne laisse aucune place au doute : « Christophe tienes razón, en el mundial del 98 enfrentamos a los Franceses y ahora Py enfrentará a una Selección de África. » Une sortie clairement raciste visant la composition de l’équipe de France, comparée à une simple « sélection d’Afrique ».
Le match a finalement eu lieu le samedi 4 juillet à Philadelphie. Les Bleus se sont imposés 1-0 grâce à un penalty de Kylian Mbappé, se qualifiant pour les quarts de finale face au Maroc. Une victoire qui referme, sur le terrain du moins, ce remake du fameux 8e de finale de 1998.
Un habitué des polémiques et des dérapages
Ce nouvel épisode n’est pas isolé dans le parcours de l’ancien portier. En 2021, il s’était déjà fait remarquer en se lançant dans une campagne présidentielle au Paraguay portée par un discours anti-corruption, conservateur sur le plan religieux et ouvertement opposé aux droits des personnes LGBTQ+. D’après Eurosport, il s’est représenté en 2023 avec un programme qualifié de nationaliste, réactionnaire et homophobe, recueillant seulement 0,83 % des suffrages.

Le passage de Chilavert au Racing, toujours dans les mémoires strasbourgeoises
Les Strasbourgeois le savent bien : ce gardien légendaire a porté le maillot du Racing entre 2000 et 2002. Il avait signé un contrat de deux ans et demi avec le club alsacien, où il s’est entraîné dès novembre 2000. Arrivé à la surprise générale, en méforme et en surpoids selon la presse locale, il a néanmoins écrit l’une des pages les plus marquantes de l’histoire du club lors de la finale de la Coupe de France 2001 contre Amiens, au Stade de France, devant 78 641 spectateurs.
Après un match nul et vierge à l’issue des prolongations, la séance de tirs au but a tourné en faveur du Racing grâce à une double performance de Chilavert. Le gardien paraguayen a d’abord repoussé le tir de Jean-Paul Abalo, avant de se muer lui-même en tireur pour transformer le penalty décisif et offrir à Strasbourg sa troisième Coupe de France, sur le score final de 5-4 aux tirs au but.
Un départ tumultueux et une affaire judiciaire
La fin de l’aventure alsacienne de Chilavert a été particulièrement conflictuelle. Le Racing Club de Strasbourg a officiellement licencié son gardien international paraguayen après un différend financier majeur. Le joueur, qui refusait de rejouer sous le maillot strasbourgeois, réclamait 2,4 millions de dollars supplémentaires au club, s’appuyant sur un document que la direction du RCS a jugé falsifié. Le club a alors porté plainte pour faux et usage de faux contre son ancien portier. L’affaire a connu son épilogue des années plus tard : Chilavert a reçu en 2005 une peine de prison avec sursis de six mois en France pour usage de faux documents liés à cette indemnité de fin de contrat avec Strasbourg.
