Le Collectif Palestine 67 avait prévu, samedi 4 juillet, une action place Kléber à Strasbourg pour alerter sur la situation des prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes. Vendredi 3 juillet, le collectif annonçait que le préfet du Bas-Rhin avait interdit ce rassemblement. Son avocat a immédiatement déposé un référé liberté devant le tribunal administratif, qui a suspendu l’arrêté préfectoral dès le samedi matin, permettant à l’événement de se tenir comme prévu.

Une scénographie plutôt qu’une manifestation classique

Contrairement à un rassemblement traditionnel, l’action prenait la forme d’une mise en scène silencieuse, sans débordement, destinée à représenter visuellement les conditions de détention. La porte-parole du collectif avait été convoquée devant le tribunal pour justifier son engagement associatif. Elle explique que l’administration proposait initialement de déplacer l’action place de la Gare, au motif qu’une grande dictée se tenait au même moment place Kléber — une option jugée incompatible avec la scénographie prévue, le collectif se disant toutefois prêt à ajuster l’horaire pour éviter tout conflit.

Un arrêté fondé sur des « risques antisémites » contesté

Selon les explications rapportées, l’arrêté préfectoral s’appuyait principalement sur des risques antisémites, une motivation liée à une précédente installation symbolique du collectif : une voiture criblée de balles évoquant la mort d’une fillette gazaouie, en novembre 2025, qui avait suscité de vives réactions. Le dossier de l’arrêté aurait cependant été jugé vide d’arguments solides par la justice administrative.

Trois ans de mobilisation sans incident, selon le collectif

Un autre porte-parole du Collectif Palestine 67 souligne que le mouvement organise des manifestations depuis trois ans à Strasbourg sans violence ni action antisémite. Il estime que la reconnaissance du tribunal valide une démarche militante qui ne trouble pas l’ordre public, tout en pointant une forme de réticence de certains acteurs face à une représentation visuelle jugée trop frontale de la réalité vécue par les prisonniers.