L’Eurométropole de Strasbourg relance le projet du tram nord en misant sur une nouvelle approche : associer directement les habitants à sa réévaluation. Une initiative participative qui vise à adapter le projet aux attentes et aux besoins de la population.

Un projet réexaminé avec les citoyens

Face aux réserves émises par la Commission d’enquête publique en décembre dernier, la collectivité a choisi de revoir sa méthode en impliquant les habitants dès la phase d’élaboration. Plutôt que d’imposer une solution, l’objectif est de construire un projet plus en phase avec les réalités locales en s’appuyant sur une consultation citoyenne.

100 participants tirés au sort

La convention citoyenne sera composée de 100 habitants sélectionnés en plusieurs étapes. Un premier tirage au sort identifiera 50 000 personnes qui recevront une invitation à candidater. Ceux qui souhaiteront s’impliquer devront répondre à certains critères garantissant leur indépendance. Les élus locaux, les agents de la collectivité et de la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS), ainsi que les acteurs engagés pour ou contre le projet, ne pourront pas participer.

Un second tirage au sort, effectué parmi les volontaires, veillera à assurer un panel représentatif de la diversité de la population en termes d’âge, de genre, de profession et de localisation. L’objectif est d’équilibrer les points de vue entre ceux qui se sentent directement concernés par le projet et ceux qui l’impacte de manière plus indirecte.

Un travail approfondi sur le tracé et les aménagements

De mai à juin, les participants se réuniront à plusieurs reprises pour analyser les différentes options du projet. Au fil des sessions de travail, ils aborderont des sujets clés tels que le tracé, l’organisation du trafic, les aménagements publics ou encore l’intégration de la végétation.

Des experts indépendants, des urbanistes et des représentants de la CTS seront mobilisés pour fournir des données et répondre aux interrogations des citoyens. Une indemnisation sera prévue pour reconnaître l’engagement des participants, qui devront consacrer environ 100 heures à ces travaux.

Un avis déterminant attendu en octobre

À l’issue de ces échanges, les recommandations issues de la convention citoyenne seront présentées à un comité de suivi rassemblant des élus de l’Eurométropole. Ces propositions devront orienter la suite du projet et permettre de dépasser les blocages rencontrés jusqu’à présent.

Cette démarche s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs grandes villes françaises, où la participation citoyenne est de plus en plus utilisée pour des projets d’urbanisme et de mobilité. À Strasbourg, il s’agit d’une première à une telle échelle. Reste à voir si cette méthode innovante permettra enfin de faire avancer le projet du tram nord de manière consensuelle et adaptée aux attentes des habitants.