Alors que l’intersyndicale appelle à la mobilisation ce jeudi 5 novembre, la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France (FCSF) dit voir chaque jour, dans les quartiers comme dans les territoires ruraux, « une colère qui vient de loin ». Elle la juge légitime.
Pourquoi la FCSF s’exprime avant la mobilisation du 5 novembre
Dans un communiqué daté du 3 novembre 2026, la FCSF précise qu’elle ne se substitue pas aux syndicats. Elle dit vouloir témoigner de ce qu’observent au quotidien les quelque 1 600 centres sociaux du réseau, salariés comme bénévoles.
Ces structures de proximité, très présentes dans les quartiers de Strasbourg, accueillent selon la fédération des personnes « qui ne bouclent plus leurs fins de mois ». Elle évoque des familles qui travaillent mais renoncent à des soins, à des loisirs, parfois à un repas, et des jeunes qui doutent qu’une place leur soit faite.
Services publics : les centres sociaux, « dernier lieu d’accueil humain »
La FCSF décrit un recul des services publics : guichets fermés, démarches dématérialisées, délais qui s’allongent. Les centres sociaux deviendraient ainsi, selon elle, « souvent le dernier lieu d’accueil humain », sans moyens supplémentaires pour jouer ce rôle.
Les revendications du 5 novembre (salaires, services publics, emploi) sont donc, pour la fédération, « tout sauf des abstractions ». Elle estime ne pas pouvoir accueillir ces difficultés au quotidien et rester muette quand elles s’expriment.
Indépendance partisane, mais pas silence politique
La FCSF rappelle être indépendante de tout parti et vouloir le rester. Elle distingue toutefois neutralité partisane et neutralité politique, et juge que se taire serait « une abdication, pas une prudence ». Faire grève ou manifester relève pour elle de la participation démocratique et mérite « une réponse, pas une disqualification ».
Violences, réponse sécuritaire et jeunesse : les inquiétudes de la fédération
Le texte condamne la violence « d’où qu’elle vienne ». Il met aussi en garde contre une réponse exclusivement sécuritaire qui servirait de prétexte pour ne pas entendre les revendications. La FCSF s’inquiète des propos qui poussent à choisir entre le soutien aux casseurs et le soutien à la police, et craint une atteinte à l’État de droit.
Elle exprime une inquiétude particulière pour les jeunes. Elle cite les milliers d’interpellations recensées depuis fin septembre, très majoritairement de mineurs. Selon elle, ces jeunes ne sont pas « un problème à contenir » mais des citoyens à qui la société n’a pas su offrir assez d’espaces où leur parole compte.
Ce que demande la FCSF : dialogue, cohérence et lieux pour la jeunesse
La fédération formule trois attentes :
- Une réponse démocratique : ni passage en force ni simple consultation, mais un dialogue avec les syndicats et les corps intermédiaires, associations comprises, capable d’infléchir les décisions.
- De la cohérence : on ne peut pas, dit-elle, déplorer la défiance envers les institutions tout en fragilisant, « budget après budget », les services publics de proximité et les acteurs de l’intérêt général.
- Un autre regard sur la jeunesse : la réponse ne peut pas être seulement sécuritaire. Elle doit passer par des lieux où les jeunes peuvent s’exprimer, débattre et agir. Les centres sociaux se présentent comme de tels lieux, des « infrastructures démocratiques ».
Centres sociaux le 5 novembre : liberté de choix et droit de grève
La FCSF ne donne aucune consigne : chaque centre social reste libre de ses choix. En tant qu’employeurs, les centres garantissent le droit de grève de leurs salariés. Ceux qui resteront ouverts ce jour-là pourront faire de cette journée un temps d’écoute et de débat avec les habitants.
Pour les Strasbourgeois qui fréquentent un centre social de leur quartier, l’ouverture ou non de la structure le 5 novembre dépendra donc de chaque établissement. Il est conseillé de se renseigner directement auprès du centre concerné.
