L’Eurométropole de Strasbourg et l’organisme de surveillance de la qualité de l’air ATMO Grand Est ont dévoilé mercredi 21 octobre 2026 une étude qui fournit des données locales inédites sur la pollution atmosphérique. Intitulée EQIS-PA (évaluation quantitative des impacts sur la santé de la pollution atmosphérique), elle apporte, selon le rapport, des « résultats inédits » sur le territoire.
Le chiffre qui interpelle : 294 décès évitables
Si l’Eurométropole respectait les valeurs guides de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 294 décès et 189 cas d’asthme chez les enfants pourraient être évités. À l’échelle nationale, Santé publique France estime qu’environ 40 000 décès par an sont attribuables à l’exposition aux particules fines PM2.5 chez les personnes âgées de 30 ans et plus.
Une amélioration réelle, mais insuffisante
Bonne nouvelle : les concentrations de dioxyde d’azote et de particules fines diminuent à Strasbourg depuis une quinzaine d’années. Mais l’étude est claire : les niveaux de pollution restent supérieurs aux recommandations sanitaires de l’OMS dans l’Eurométropole.

Bischheim, Schiltigheim, Illkirch-Graffenstaden : la périphérie aussi concernée
Le problème ne se limite pas à la ville-centre. Les communes les plus touchées en périphérie sont Bischheim, Hœnheim, Illkirch-Graffenstaden, Lingolsheim, Ostwald et Schiltigheim. Pour les habitants de ces villes, l’enjeu de la qualité de l’air est donc le même que pour les Strasbourgeois.
Le trafic routier, principal responsable
Selon le rapport, le transport routier est responsable de 44 % des émissions d’oxydes d’azote dans l’Eurométropole en 2025. Les émissions de NO₂ attribuables au trafic routier atteignent, elles, 75 % sur le territoire la même année. La circulation reste donc le premier levier d’action pour améliorer l’air respiré au quotidien.
La météo joue aussi un rôle, notamment pour l’ozone. ATMO Grand Est indique que l’été 2026 a généré des épisodes de pollution d’une ampleur exceptionnelle.

2027 : vers un plan d’actions pour la qualité de l’air
Cette étude répond à la volonté de l’Eurométropole d’intégrer un volet réglementaire, le Plan d’actions pour la qualité de l’air (PAQA), à son Plan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET) en 2027. Reste à savoir quelles mesures seront retenues pour réduire l’exposition des habitants du Bas-Rhin.
