Une publication inhabituelle circule sur la page Facebook Direct Racing, mĂ©dia strasbourgeois consacrĂ© aux analyses et Ă  l’actualitĂ© du Racing Club de Strasbourg Alsace. Au cĹ“ur de l’image : Jean-Philippe Vetter, candidat aux Ă©lections municipales du 15 mars, courant aux cĂ´tĂ©s de plusieurs co-listiers dont Mohamed Siaaliti, figure bien connue des abonnĂ©s pour sa prĂ©sence rĂ©gulière dans l’Ă©mission Le Club 1906. Le tout accompagnĂ© d’un message sobre : « Hors Racing ! Un grand marathon Ă  Strasbourg ? »

Le problème ? La publication a fait l’effet d’un pavĂ© dans la mare.

Direct Racing, ce n’est pas un espace politique

La page Direct Racing s’est bâti une communautĂ© fidèle autour d’un seul sujet : le RCSA. Analyses tactiques, suivis de matchs, dĂ©bats entre supporters — ses abonnĂ©s savent exactement pourquoi ils sont lĂ . Alors quand une publication mettant en scène un candidat aux municipales de Strasbourg apparaĂ®t dans leur fil, Ă  quelques jours du premier tour, la rĂ©action est immĂ©diate.

« Ne mĂ©langez pas la politique et le sport svp !!! », Ă©crit Garou. « Pas de politique svp 🙏 », renchĂ©rit Ced. JĂ©rĂ©mie, lui, nuance : « J’aime Direct Racing et rien contre Momo, MAIS la publication campagne municipale c’est moyen bof. »

La ligne de fracture est claire : ce n’est pas Mohamed Siaaliti qui pose problème, c’est le contexte et le timing.

Mohamed Siaaliti, une figure de Direct Racing prise en étau

Mohamed Siaaliti est un visage familier pour les abonnĂ©s de Direct Racing. Sa prĂ©sence dans Le Club 1906 en a fait un personnage apprĂ©ciĂ© de la communautĂ© racing. Mais il figure Ă©galement sur la liste de Jean-Philippe Vetter pour les municipales — et c’est prĂ©cisĂ©ment cette double casquette qui crĂ©e l’ambiguĂŻtĂ©.

Elora le rĂ©sume bien : « Les gens qui s’offusquent doivent sans doute ignorer que le candidat pour la mairie de Strasbourg est aux cĂ´tĂ©s de Mo, qui est sur sa liste aux Ă©lections. Cette publication de marathon est politique avant tout. Inutile de le nier. »

En face, certains abonnĂ©s dĂ©fendent la publication au nom du sport. « On parle de sport et je pense que pour une ville comme Strasbourg c’est excellent », estime Yannick. Maxime va plus loin : « Il n’y a rien de politique dans celle-ci, on parle de sport de Strasbourg. Les personnes que ça dĂ©range sont sĂ»rement des personnes qui n’ont pas le mĂŞme avis politique. »

Une campagne qui s’invite partout, mĂŞme sur les pages sport

Ce type d’incident n’est pas isolĂ©. Ă€ l’approche du scrutin du 15 mars, la frontière entre communication sportive et communication Ă©lectorale devient de plus en plus poreuse Ă  Strasbourg. Les candidats cherchent Ă  occuper tous les espaces de visibilitĂ©, y compris ceux qui ne leur sont pas naturellement destinĂ©s.

« Ce n’est pas parce que Vetter est Ă  la ramasse dans les sondages qu’il faut vous reconvertir en service après-vente », lâche ThĂ©, sans ambages. Badji, lui, parle de « coup de pub politique gratuite ».

La question posĂ©e malgrĂ© elle par cette publication dĂ©passe le seul cas Direct Racing : jusqu’oĂą les espaces communautaires sportifs peuvent-ils — ou doivent-ils — rester neutres quand des personnalitĂ©s qui leur sont liĂ©es s’engagent en politique ?

Pour l’heure, Direct Racing n’a pas commentĂ© publiquement la polĂ©mique. Et le marathon transfrontalier, lui, attend toujours sa ligne de dĂ©part.