Quatre ans de retard. C’est le reproche que le groupe « Pour Strasbourg » adresse à l’Eurométropole, dans un communiqué diffusé le 22 octobre 2026, au sujet de l’encadrement des loyers. Son président, Thierry Sother, député du Bas-Rhin, y réagit à la motion votée le 9 octobre par le Conseil de l’Eurométropole en faveur de cet outil. Le groupe juge la décision nécessaire face à une crise du logement qui, écrit-il, « frappe durement » le territoire et pèse sur le pouvoir d’achat des habitants. Mais elle serait intervenue trop tard.

2022 : l’initiative de Catherine Trautmann

Pour étayer ce constat, le communiqué revient sur 2022, année où l’Eurométropole pouvait participer à l’expérimentation nationale de l’encadrement des loyers. Selon le groupe, Catherine Trautmann avait alors demandé que le territoire se saisisse de cette possibilité. Elle aurait d’abord interpellé la présidente de l’Eurométropole, Pia Imbs, puis, face au refus qui lui avait été opposé, porté le débat devant le Conseil métropolitain.

Le 4 novembre 2022, sa motion était adoptée. Le texte demandait à l’Eurométropole d’engager la procédure auprès de l’État avant la fermeture de la période de candidature.

Une candidature jamais déposée

D’après le communiqué, ce vote n’a pas été suivi d’effet : la candidature n’a pas été déposée. Le groupe « Pour Strasbourg » affirme que la majorité conduite par Pia Imbs, Jeanne Barseghian et Danielle Dambach considérait alors l’encadrement des loyers comme insuffisamment adapté au territoire. Il y voit « un choix dont nous mesurons aujourd’hui très concrètement les conséquences ».

Le Sénat prolonge l’expérimentation à périmètre constant

Le 21 octobre, le Sénat a voté la prolongation de l’expérimentation pour deux ans, mais à périmètre constant, précise le communiqué. Les territoires qui l’avaient rejointe peuvent donc continuer à encadrer leurs loyers, tandis que ceux qui n’ont pas candidaté, dont l’Eurométropole de Strasbourg, restent à l’écart.

Le groupe relève un paradoxe : ceux qui s’étaient opposés en 2022 à la participation de l’Eurométropole demanderaient désormais à pouvoir y entrer. Il y voit une « responsabilité politique » de l’exécutif de l’époque, qui avait « décidé de ne pas candidater ».

Logement dans l’Eurométropole : « mobiliser tous les outils »

Thierry Sother reconnaît que l’encadrement des loyers « ne réglera pas à lui seul la crise du logement ». Son groupe plaide aussi pour :

  • la construction de davantage de logements sociaux et abordables ;
  • la remise sur le marché des logements vacants ;
  • la lutte contre la spéculation.

Face à l’urgence, il estime que le territoire doit pouvoir mobiliser tous les outils disponibles.

Le parcours parlementaire du texte n’est pas terminé, rappelle le groupe, qui annonce qu’il continuera de défendre la possibilité pour Strasbourg et l’Eurométropole de rejoindre l’encadrement des loyers. « En 2022, nous demandions de saisir cette possibilité. En 2026, nous nous battons pour qu’elle nous soit rendue », conclut le communiqué.