L’Iran est en guerre. Le pays est au cœur de l’actualité internationale, impliqué dans des conflits régionaux majeurs, sous sanctions européennes, cible de résolutions votées en plénière à Strasbourg. Les eurodéputés français en parlent, signent des textes en son nom, interpellent la Commission à son sujet.
Un journaliste de l’émission Quotidien (TMC) a eu l’idée d’une expérience simple : tendre une carte muette du monde à cinq d’entre eux dans les couloirs du Parlement européen de Strasbourg, et leur demander de montrer où se trouve l’Iran.
Aucun n’y est parvenu.
Cinq élus, une carte, zéro bonne réponse
Les cinq eurodéputés testés représentent l’ensemble du spectre politique français : Benjamin Haddad (Renaissance), Emma Rafowicz (Socialistes & Démocrates), Fabienne Keller (Renew Europe), Marie Toussaint et David Cormand (Les Verts). Droite, gauche, centre, écologistes — aucune étiquette n’a protégé de l’embarras.
Face à une carte sans légende, chacun a hésité, tâtonné, désigné la mauvaise région. Le pays le plus débattu du moment au sein de l’hémicycle strasbourgeois est resté introuvable pour ceux-là même qui votent sur son sort.
C’est ici, dans cet hémicycle, que des votes aux conséquences concrètes pour des millions de personnes sont pris chaque mois. C’est ici que l’Iran — pays en guerre, pays sous sanctions, pays dont le peuple manifeste au péril de sa vie — est régulièrement convoqué dans les débats.
Et c’est ici qu’on ne sait pas le trouver sur une carte.
La compétence géopolitique, angle mort du mandat européen ?
On peut être un eurodéputé sérieux, travailleur, impliqué dans des dossiers complexes, et avoir une lacune géographique. Personne n’est omniscient. Mais l’échec collectif et transpartisan des cinq élus testés interroge plus largement sur la culture générale exigée — ou plutôt non exigée — pour exercer un mandat européen.
La question n’est pas de ridiculiser des individus. Elle est de comprendre comment des représentants élus, rémunérés par l’argent public pour traiter de géopolitique mondiale, peuvent voter sur un pays qu’ils seraient incapables de localiser. Dans un contexte où l’Iran est actuellement en guerre et où ses actions ont des répercussions directes sur la sécurité européenne, la lacune dépasse l’anecdote.
