Le 2 mars 2026, un collectif de professionnels de santé libéraux a signé le bail de la toute nouvelle Maison urbaine de santé (MUS) du Port-du-Rhin, à Strasbourg. Une victoire de 17 ans de patience, et une bouffée d’oxygène pour un quartier classé en zone prioritaire par l’Agence régionale de santé.
Un projet né en 2009, enfin concrétisé en 2026
Tout commence en 2009. Nabila Hamza, médecin généraliste, entend parler pour la première fois d’un projet de Maison urbaine de santé au Port-du-Rhin, quartier populaire de Strasbourg situé en bord de Rhin. Un an plus tard, elle installe son cabinet dans le quartier. Il lui faudra attendre seize ans pour voir le projet se concrétiser.
« On est heureux que le projet se concrétise enfin, c’est un événement très important pour les habitantes et les habitants du quartier ! », se réjouit-elle, après la signature du bail le 2 mars avec Ophéa, le bailleur social porteur de l’opération.
Une équipe pluridisciplinaire dans un espace entièrement rénové
Autour de Nabila Hamza, un collectif de professionnels de santé libéraux s’est constitué en association : un médecin fraîchement diplômé (Yogesh Sidaya), deux infirmiers, deux orthophonistes et deux sages-femmes. À partir d’avril 2026, ils occuperont un espace de 270 m² rue de L’Île-des-Epis, entièrement rénové par Ophéa.
L’investissement total s’élève à 756 000 € HT, cofinancé par le Fonds européen de développement régional (Feder), la Région Grand Est et la Ville de Strasbourg. Le cabinet d’architecture Naos a accompagné Ophéa dans cette rénovation qui s’inscrit dans la réhabilitation plus large de la cité Loucheur — avec 16 logements rénovés et 6 nouveaux créés dans les étages.

Port-du-Rhin : un quartier en croissance, mais fragilisé
Le quartier du Port-du-Rhin connaît un fort développement démographique, porté par de nombreux projets urbains récents. Pourtant, il cumule des difficultés sociales importantes : précarité élevée, chômage structurel, forte proportion de familles monoparentales, population vieillissante.
Classé Zone d’intervention prioritaire par l’Agence régionale de santé (ARS), il faisait figure de désert médical relatif, mal desservi par l’offre de soins de proximité. La nouvelle MUS vient directement répondre à ce besoin, avec un accent mis sur la prévention et la lutte contre les inégalités d’accès aux soins.
La 6e MUS de Strasbourg, et bientôt d’autres
Cette Maison urbaine de santé est la sixième du genre à Strasbourg, après celles du Neuhof, d’Hautepierre, de la Cité de l’Ill, de l’Elsau et de la Meinau — toutes implantées dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Et ce n’est pas fini : deux autres projets de MUS sont actuellement en cours, à Koenigshoffen et dans le quartier Gare-Laiterie. Un centre de santé associatif est par ailleurs prévu à Cronenbourg. La ville de Strasbourg poursuit méthodiquement son maillage santé dans ses quartiers les plus vulnérables.
