Depuis l’été 2025, la Ville de Strasbourg expérimente une nouvelle approche de l’éclairage public. À Neudorf, dans la Neustadt et à la Montagne-Verte, un système de télégestion permet aux équipes municipales de piloter à distance l’intensité lumineuse des 27 500 points lumineux de la ville.
Sur le terrain, Thierry Bendler, responsable de section au département Éclairage public, ajuste d’un clic sur sa tablette la luminosité des lampadaires autour de l’école du Neufeld. « Ce nouveau système nous permet une grande souplesse pour avoir le bon éclairage au bon endroit », confirme Bernard Schalk, adjoint au responsable du département.
Concrètement, l’intensité reste à 100% en début de nuit, avant de descendre à 50% ou 25% en cœur de nuit dans les secteurs où c’est jugé possible. Le logiciel détecte aussi les dysfonctionnements en temps réel et permet d’intervenir rapidement à distance.

60% des luminaires déjà équipés en LED
Cette innovation s’inscrit dans un projet plus large de transformation de l’éclairage strasbourgeois. Plus de 16 500 points lumineux sont désormais équipés d’ampoules LED, moins énergivores et offrant un faisceau plus précis que les anciens dispositifs.
Un comité de suivi associe habitants, associations et forces de l’ordre pour trouver un équilibre entre économies d’énergie, préservation de la biodiversité nocturne et sentiment de sécurité. Résultat : 70% des lampadaires restent allumés toute la nuit, avec une intensité réduite plutôt qu’une extinction totale.
Une action qui arrive tard, selon les habitants
Si la démarche est saluée sur le principe, de nombreux Strasbourgeois s’interrogent sur le calendrier. À deux mois des élections municipales, cette initiative tombe au moment où le mandat de Jeanne Barseghian touche à sa fin. « On en parle depuis des années, des lumières à Strasbourg, mais on n’a jamais vraiment vu d’action concrète », regrette un habitant de Neudorf.
Le sujet de l’éclairage public a effectivement alimenté les débats locaux à plusieurs reprises, entre demandes d’extinction pour des raisons écologiques et inquiétudes liées à la sécurité. Pour certains, ce déploiement ressemble davantage à une opération de communication préélectorale qu’à une véritable politique de long terme.
La municipalité, elle, défend une démarche progressive et concertée. Reste à savoir si ces premiers résultats convaincront les électeurs strasbourgeois en mars prochain.
