Le tribunal administratif de Strasbourg a tranché ce mardi 6 octobre 2026. Il a annulé l’élection de Raphaële Schober, maire RN de Wittelsheim, dans le Haut-Rhin. C’était la seule commune alsacienne conquise par le Rassemblement national lors des municipales de mars.

Wittelsheim : une victoire du RN qui ne tenait qu’à 17 voix

Wittelsheim compte environ 10 000 habitants et se situe aux portes de Mulhouse. En mars 2026, Raphaële Schober, gendarme à la retraite, y a battu le maire sortant, le centriste Yves Goepfert, avec seulement 17 voix d’avance.

Elle était arrivée largement en tête au premier tour. Au second, elle a profité de l’échec des discussions en vue d’un éventuel front républicain et du maintien de quatre listes. Cette configuration lui a permis de s’emparer de la ville, une exception dans le paysage alsacien.

Le résultat n’a pas été accepté sans réaction. Des recours en annulation ont été déposés par la préfecture du Haut-Rhin et par l’ancien maire, Yves Goepfert. Le tribunal administratif de Strasbourg, compétent pour ce contentieux électoral en Alsace, les a examinés avant de rendre sa décision.

Tribunal administratif de Strasbourg : deux irrégularités retenues

Les juges ont relevé deux irrégularités, qu’ils estiment de nature à avoir altéré la sincérité du scrutin. Ils ont insisté sur le faible écart de voix entre la première et la deuxième liste.

La première concerne les bulletins du premier tour de la liste arrivée en troisième position. Ils ne mentionnaient pas la nationalité italienne de l’un des candidats, alors que le Code électoral impose cette mention pour assurer la pleine information des électeurs.

La seconde porte sur des propos publiés sur Facebook par un candidat de la liste RN en fin de campagne. Pour le tribunal, ils ont constitué un élément nouveau de polémique électorale. Ils sont intervenus trop tard pour que les adversaires puissent y répondre utilement.

Et maintenant ? Appel possible devant le Conseil d’État

Le jugement peut faire l’objet d’un appel devant le Conseil d’État, dans un délai d’un mois à compter de sa notification. En attendant une décision définitive, les conseillers municipaux proclamés élus restent en fonction.

La situation de Wittelsheim reste donc ouverte. L’annulation, si elle était confirmée, entraînerait de nouvelles opérations électorales dans la commune, selon les termes de la décision, qui évoque l’annulation des opérations électorales.

Haut-Rhin : un signal pour la carte politique alsacienne

Avec cette décision, l’Alsace se retrouve sans commune dirigée par le RN à l’issue de ce contentieux, du moins à ce stade de la procédure. Pour les Alsaciens, de Strasbourg à Mulhouse, le dossier rappelle qu’un scrutin serré se joue aussi devant les juges, sur le respect des règles et la loyauté du débat de campagne.