Ce vendredi 10 avril 2026, Catherine Trautmann a été élue présidente de l’Eurométropole de Strasbourg. Seule candidate en lice, elle a été désignée sans opposition formelle — mais non sans polémique. La victoire s’est construite en amont, dans les couloirs des négociations intercommunales, grâce à un accord signé avec la droite.

Un pacte avec Les Républicains qui fait débat

Pour s’assurer la présidence, Catherine Trautmann a conclu un « pacte de gouvernance » avec Thibaud Philipps, maire LR d’Illkirch-Graffenstaden, et Catherine Graef-Eckert, maire divers droite de Lingolsheim. Ce soutien lui a garanti 72 voix sur les 107 que compte l’assemblée métropolitaine — une majorité suffisante pour décourager toute candidature concurrente.

Lors de son élection, la nouvelle présidente a réagi : « Personne ne se présente en face, je le prends comme une attente, comme un désir. De faire vivre cette intercommunalité, de se consacrer au quotidien de nos concitoyens et de se consacrer à l’avenir. »

Un cumul de pouvoirs inédit depuis… Catherine Trautmann elle-même

C’est la première fois depuis un quart de siècle que la Mairie et l’Eurométropole de Strasbourg sont dirigées par une seule et même personne. La dernière fois que ce cumul avait eu lieu, c’était déjà sous Catherine Trautmann, lors de ses précédents mandats à la tête de la ville. Depuis, les deux institutions avaient systématiquement été gouvernées en binôme. Pour le groupe LFI de l’Eurométropole, cette configuration signe « le retour des pleins pouvoirs exécutifs concentrés entre les mains d’une seule personne ».

LFI, Regol, Fernandes : un front d’opposition immédiat

Les critiques ont fusé dès l’annonce. Dans un communiqué intitulé « Concentration des pouvoirs et offensive à droite », le groupe LFI de l’Eurométropole estime que Trautmann « a tout bradé pour être élue » — logement social, gratuité des transports, tram Nord, quartiers populaires — et qu’elle « érige l’austérité en horizon commun » de sa majorité. Les élus insoumis dénoncent une « compromission politique avec la droite réactionnaire, quitte à faire payer les habitant-es précaires, vulnérables, marginalisé-es » et annoncent qu’ils « incarneront une opposition déterminée au service de l’intérêt général, dans une vision ambitieuse de solidarité, d’inclusivité, d’équité territoriale et d’écologie populaire. »

Sandra Regol, députée EELV, interpelle directement le Parti socialiste national : « Catherine Trautmann officialise une alliance avec Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert, membres du parti Les Républicains pour obtenir la présidence de l’Eurométropole de Strasbourg. Olivier Faure, le Parti socialiste peut-il encore cautionner de telles compromissions avec la droite ? »

Emmanuel Fernandes, député LFI, va plus loin : « Déjà alliée avec la droite sauce Macron à la Ville, Trautmann s’allie à la droite version Retailleau à l’Eurométropole de Strasbourg. Trois semaines lui auront suffi à réussir ce que Macron a mis 9 ans à faire : sceller l’axe PS-macronie-droite extrémisée. Qu’en pense Olivier Faure ? »

Les 18 vice-présidents de la nouvelle Eurométropole de Strasbourg

Catherine Trautmann a présenté ses grandes orientations pour ce mandat de six ans — logement, mobilités, attractivité économique, transition climatique — et a procédé à la nomination des 18 vice-présidents de l’exécutif métropolitain :

  1. Thibaud Philipps, président délégué, grandes orientations, planification urbaine et prospective du territoire
  2. Catherine Graef-Eckert, présidente déléguée, coopération internationale niveau EMS, suivi du transfrontalier, plan de circulation et stationnement en ouvrage
  3. Mathieu Cahn, personnel, ressources humaines et dialogue social
  4. Caroline Barrière, budget et finances
  5. Jean-Louis Hoerlé, sport et équipements sportifs
  6. Pernelle Richardot, économie durable, attractivité et emploi
  7. Abdelaziz Choukri, enseignement supérieur, recherche et vie étudiante
  8. Michèle Kannengieser, eau, assainissement, ressources naturelles
  9. Jean-Michel Schaeffer, voirie, aménagement de l’espace public
  10. Chantal Cutajar, transition écologique et développement durable, santé environnementale
  11. Etienne Westphal, habitat, politique foncière et immobilière
  12. Michèle Leckler, agriculture urbaine, promotion de l’agriculture biologique et de l’agroforesterie
  13. Eric Amiet, équité territoriale, mutualisation et dialogue intercommunal, funéraire
  14. Nawel Rafik-Elmrini, service public de l’énergie, mise en œuvre du schéma directeur de l’énergie
  15. Jean-Baptiste Mathieu, renouvellement urbain et politique de la ville, solidarités intercommunales
  16. Béatrice Bulou, propreté, réduction et valorisation des déchets
  17. Yves Sublon, commande publique
  18. Rebecca Breitman, action culturelle, cinéma, audiovisuel et numérique, participation citoyenne et débat public