Ce 8 avril 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi visant à faire sortir l’Alsace du Grand Est. Le scrutin n° 6045 est sans appel : 131 voix pour, 100 contre, 12 abstentions. L’Alsace franchit une étape historique vers une collectivité unique à statut particulier. Mais comment ont voté les quinze députés alsaciens ? Et quels groupes politiques ont fait basculer le texte ?
Le résultat : une majorité construite à droite et à l’extrême droite
Le texte a été adopté avec 131 voix pour, soit 15 de plus que la majorité absolue fixée à 116. La coalition de fait qui a permis cette adoption est singulière : elle repose essentiellement sur le Rassemblement National (64 voix pour, soit la première contribution au total), combiné au bloc macroniste d’Ensemble pour la République (35 pour), complété par des apports de la Droite Républicaine, des Démocrates, d’Horizons et de LIOT. L’opposition de gauche — LFI-NFP, Socialistes, Écologistes et GDR — a voté massivement contre, avec quelques rares exceptions.

Les 15 députés alsaciens : quasi-unanimité pour
Sur les quinze élus du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, onze ont voté pour, un a voté contre, et trois n’ont pas participé au vote (absents ou non comptabilisés dans ce scrutin).
✅ ONT VOTÉ POUR :
- Théo Bernhardt (RN)
- Olivier Becht (EPR)
- Françoise Buffet (EPR)
- Charles Sitzenstuhl (EPR)
- Brigitte Klinkert (EPR) — auteure de la proposition de loi
- Patrick Hetzel (Droite Républicaine)
- Raphaël Schellenberger (Non inscrit)
- Bruno Fuchs (Les Démocrates)
- Hubert Ott (Les Démocrates)
- Didier Lemaire (Horizons)
- Vincent Thiébaut (Horizons)
❌ A VOTÉ CONTRE :
- Sandra Regol (Écologiste et Social)
- Emmanuel Fernandes (LFI-NFP)
- Thierry Sother (Socialistes)
- Louise Morel (Les Démocrates)
Le résultat chez les députés alsaciens reflète le clivage national : le bloc droite-centre-extrême droite uni derrière une revendication identitaire et institutionnelle forte, face à une gauche opposée au principe de démantèlement des grandes régions.
À noter : Brigitte Klinkert, députée du Bas-Rhin et initiatrice du texte, a vu son travail aboutir après des mois de mobilisation transpartisane. Le texte part désormais au Sénat pour la suite de la navette parlementaire.
