Il s’en est fallu de très peu. Quasi éliminé au premier tour des municipales de Strasbourg avec environ 5 % des suffrages, Pierre Jakubowicz est aujourd’hui troisième adjoint délégué à la culture et à la Robertsau dans l’équipe de Catherine Trautmann. Une trajectoire électorale faite de rebondissements, de prise de risque et d’un pari politique audacieux.


89 voix : le ticket pour la suite

Lancée sous de mauvais augures, la campagne de Jakubowicz démarre avec des sondages peu flatteurs. Le soir du premier tour, le suspense est total, bureau par bureau. Le verdict tombe : il franchit la barre des 5 % de justesse. Le nombre exact qui lui a permis de se maintenir ? 89 voix strasbourgeois. Un chiffre qui restera gravé.


Une fusion sans mandat, contre l’avis de tout le monde

La suite se joue en coulisses. Jakubowicz, candidat Horizons, choisit de fusionner sa liste avec celle de Catherine Trautmann — arrivée en tête avec 25,93 % — pour constituer un arc républicain face à la fusion Barseghian-Kobryn. Un pari assumé, mais politiquement périlleux : son propre parti, Horizons, accorde officiellement son soutien à Jean-Philippe Vetter (LR). Jakubowicz fusionne donc sans mandat, sans couverture nationale, et contre l’avis du premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui juge que cet accord place ses signataires en dehors du Parti socialiste. Une alliance que personne ne valide — mais qui finit par gagner.


Culture et Robertsau : deux délégations qui ne doivent rien au hasard

La nomination de Jakubowicz n’est pas anodine. Son parcours le précède : travail sur les questions culturelles à la Région Grand Est, à l’Opéra national du Rhin, au Philharmonique de Strasbourg, puis à l’Office de tourisme. La Robertsau, secteur qu’il connaissait déjà lors du premier tour, complète ses attributions. Il voit dans cette nomination une marque de confiance méritée.