Ce mercredi 1er avril à 17h, plusieurs personnes se sont rassemblées devant la mairie de Strasbourg, place de l’Étoile, à l’appel du DAL 67 et de ses cosignataires. L’occasion ? La fin de la trêve hivernale, ce moment charnière où les expulsions locatives redeviennent légalement possibles — et que les organisations mobilisées entendent ne pas laisser passer sans réaction.

Une crise du logement qui tue, à Strasbourg comme ailleurs

Les chiffres avancés par les organisateurs sont brutaux. En France, 300 000 personnes dorment dehors. En 2025, 956 personnes sont décédées dans la rue, dont 32 à Strasbourg. Dans le même temps, 3 millions de logements restent vides sur le territoire national, dont près de la moitié depuis plus de deux ans. Un paradoxe que les associations qualifient de « crise meurtrière absurde ».

À Strasbourg, la situation est aggravée par la saturation des services d’hébergement d’urgence. Une expulsion locative ne débouche plus seulement sur une perte de toit : elle devient, pour nombre de ménages fragiles, une entrée directe dans la rue.

+60 % d’expulsions en deux ans : une tendance qui s’accélère

Les expulsions avec concours de la force publique ont progressé de 60 % en deux ans à l’échelle nationale. Et la dynamique ne devrait pas s’inverser : le ministre du Logement Christophe Jeanbrun a annoncé vouloir ramener à trois mois les délais d’expulsion pour les locataires en difficulté. Une mesure dénoncée par les organisations présentes comme une accélération délibérée d’une politique qu’elles jugent socialement désastreuse.

Les revendications portées devant la nouvelle équipe municipale

Le choix de la place de l’Étoile n’est pas anodin. À quelques semaines de l’installation de la nouvelle équipe municipale issue des élections de mars 2026, les manifestants ont voulu interpeller directement les futurs élus strasbourgeois sur leurs responsabilités locales. Quatre exigences ont été mises en avant :

  • Des arrêtés municipaux anti-expulsions
  • La réquisition des logements vides, à commencer par ceux relevant de la mairie
  • Le développement du parc HLM et le renforcement des APL
  • Le plafonnement des loyers et des charges

Un collectif large derrière la mobilisation

Le rassemblement a été organisé sous l’égide du DAL 67 (Droit Au Logement), avec le soutien de plusieurs structures : Action Réquisition, le Collectif Pas d’Enfant à la Rue 67, la FSE Strasbourg, Solidaires Alsace, Solidaires Étudiant·e·s Strasbourg, SUD Éducation Alsace et l’URC Alsace. Une convergence syndicale, associative et militante qui reflète l’ampleur des inquiétudes autour de la question du logement à Strasbourg et dans le Bas-Rhin.