La section syndicale CGT des Compagnies des Transports Strasbourgeois (CTS) a publié le 25 mars 2026 son tract n°4, un document dense qui dresse un tableau préoccupant des conditions de travail au sein de la régie de transports en commun strasbourgeoise. Points de compétences absorbés illégalement, vague de licenciements contestée, sanitaires insalubres, revendications salariales : autant de sujets qui agitent les ateliers de la CTS.
Des points de compétences effacés par la direction
Au cœur des préoccupations des agents des ateliers, une question de coefficient salarial. Les points de compétences obtenus via l’accord de polyvalence au technique des années précédentes se retrouvent absorbés par le déroulement de carrière — au lieu d’être cumulés, comme le prévoit pourtant l’article 4 du même accord.
Le 12 mars 2026, la CGT CTS a interpellé la Directrice des Ressources Humaines sur ce sujet. La réponse de la direction, qui juge cette absorption « normale », est fermement rejetée par le syndicat, qui dénonce une lecture erronée et unilatérale d’un accord négocié collectivement par l’ensemble des organisations syndicales représentatives. La CGT CTS appelle les agents concernés à se signaler.
Un cahier revendicatif pour les NAO 2026
Dans le cadre des Négociations Annuelles Obligatoires, la CGT CTS a formulé plusieurs revendications pour l’année 2026, parmi lesquelles la mise en place des 32 heures hebdomadaires sans perte de salaire, une augmentation des salaires de 2 % avec un plancher à 55 euros, la prise en charge de la mutuelle complémentaire par l’employeur, ou encore le dégel de 8 % des primes de présence. Le syndicat réclame également l’attribution de points de technicité supplémentaires pour les agents polyvalents Tram et une clause de revoyure indexée sur l’inflation.

Des licenciements qui interrogent les pratiques RH
La CGT CTS pointe également une situation paradoxale : des candidats ayant réussi leurs entretiens et leurs tests d’embauche se retrouvent licenciés sans appel. Le syndicat impute cette situation au recruteur principal, dont la responsabilité est directement mise en cause. Ces licenciements concernent plusieurs services, notamment les ateliers, et ont des effets concrets sur les équipes et sur l’organisation des heures décalées — lesquelles, selon le tract, perturbent les rythmes biologiques des agents et augmentent les risques d’accidents.
Sanitaires insalubres : victoire partielle après préavis de grève
Mi-janvier, des agents ont alerté le syndicat sur des conditions d’hygiène jugées inacceptables dans plusieurs sanitaires des terminus : odeurs, toilettes sales, absence de savon et de papier. La faillite du sous-traitant de nettoyage était en cause.
Interpellée dès le 19 janvier, la direction a réagi rapidement : dès le lendemain, des améliorations concrètes ont été constatées. Toutefois, le 18 février, la CGT CTS a notifié un préavis de grève pour manquements graves aux règles d’hygiène, après avoir constaté lors d’une tournée terrain l’état dégradé des toilettes chimiques hors d’âge — cuvettes corrodées, radiateurs rouillés, problèmes de purge et désinfection. Le syndicat réclame désormais des solutions pérennes, au-delà des engagements verbaux.
Agence commerciale et rivalité syndicale
Le tract prend également position dans la concurrence syndicale interne. Face au syndicat SUD CTS, qui se positionne sur le dossier de l’agence commerciale, la CGT CTS réaffirme sa ligne : égalité de traitement pour l’ensemble du personnel CTS, y compris les agents de l’agence. Le syndicat critique par ailleurs la méthode de SUD CTS, jugée trop distante du terrain, et précise ne pas avoir signé l’accord en question, par conviction sur le fond.
