La Commission de la formation et de la vie universitaire a voté ce mardi 17 mars la création d’un régime spécial d’études lié aux dysménorrhées, une première à l’Unistra.


Dysménorrhées à l’université : un problème de santé publique enfin reconnu

Les règles douloureuses — médicalement appelées dysménorrhées — touchent une part significative de la population étudiante et peuvent, dans les cas les plus sévères, perturber l’assiduité, la concentration et la réussite académique. Dans certaines situations, elles révèlent des pathologies chroniques comme l’endométriose, qui nécessitent un suivi médical et des aménagements spécifiques.

C’est dans ce contexte que l’Université de Strasbourg franchit un cap : la Commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU) a adopté, le mardi 17 mars, la mise en place d’un congé menstruel à compter de la rentrée 2026. Une mesure directement issue des engagements pris par la présidente de l’université lors de son élection.


Ce que prévoit concrètement le dispositif adopté à Strasbourg

Le dispositif repose sur la création d’un régime spécial d’études dédié aux situations liées aux dysménorrhées. Concrètement, les étudiant·es concerné·es pourront bénéficier d’aménagements pédagogiques adaptés — reports d’examens, aménagements de présence, ajustements de calendrier — à condition de produire un justificatif médical valable pour l’ensemble du cycle d’études.

Le Service de santé étudiante de l’Unistra jouera un rôle central dans le déploiement de ce dispositif : il accompagnera les étudiant·es concerné·es et mènera des actions de prévention et de sensibilisation, en encourageant le recours à une consultation médicale dès lors que les douleurs sont sévères ou récurrentes.


Une étape supplémentaire prévue pour 2027

L’université ne s’arrête pas là. Pour la rentrée 2027, sous réserve des adaptations techniques et juridiques nécessaires, l’Unistra envisage d’aller plus loin avec l’instauration d’un crédit de dix jours d’absence par an, dans la limite de deux jours consécutifs, accessible sur simple déclaration — sans justificatif médical obligatoire — pour l’ensemble des étudiant·es.

L’objectif affiché est de permettre de gérer des situations ponctuelles sans imposer un passage systématique par le corps médical, tout en restant dans un cadre encadré.


« La santé étudiante, un levier essentiel pour la réussite »

Le vice-président Vie universitaire, Jérémy Darenne, a résumé l’esprit de la démarche :

« La santé étudiante est un levier essentiel pour la réussite. C’est pourquoi l’université s’attache à garantir à chacun et chacune un environnement d’apprentissage qui tienne compte de ses conditions de vie et de santé afin de permettre la réussite et le bien-être de tous et toutes. »

Une prise de position claire qui s’inscrit dans une tendance nationale et internationale croissante : la prise en compte des réalités corporelles dans les politiques d’établissements d’enseignement supérieur.