Ce mardi 17 mars, Pierre Jakubowicz officialisait son alliance avec Catherine Trautmann, arrivée en tête du premier tour des municipales de Strasbourg avec 25,93 % des voix. Un accord présenté comme un « arc républicain » face à la fusion Barseghian-Kobryn. Mais la journée allait rapidement tourner au désaveu généralisé — une alliance que personne ne valide, comme nous le documentions dès ce matin.
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a condamné sans détour sur X : faire gagner la gauche ne peut pas se faire au prix d’alliances avec des candidats Horizons, un parti qui s’allie partout ailleurs en France avec la droite dure pour battre la gauche. Il conclut que cet accord à Strasbourg place ceux qui l’ont conclu en dehors du Parti socialiste. Du côté de Jakubowicz, Horizons accordait dans le même temps son soutien officiel à Jean-Philippe Vetter — le candidat LR — et non à sa propre tête de liste. Linda Ibiem, élue régionale PS, exigeait quant à elle des sanctions, rappelant que quatre militants ont été exclus en moins de 24 heures pour avoir figuré sur la liste de la majorité sortante.

Les Jeunes Socialistes du Bas-Rhin rejoignent la fronde
La pression ne vient pas que des élus. Ce 17 mars, le Conseil Fédéral des Jeunes Socialistes du Bas-Rhin (JS67) publie à son tour un communiqué de rupture. Ils dénoncent « une fusion honteuse » avec « le candidat de la droite et du centre« , et précisent avoir alerté « depuis longtemps » la direction fédérale sur la dérive droitière de la campagne Trautmann.
Les JS67 se désolidarisent formellement de la candidature et apportent leur soutien aux socialistes qui ont eu « le courage politique de rejoindre la liste de Jeanne Barseghian, quitte à perdre leur carte d’adhérent. » Conclusion sans ambiguïté : « toutes les voix de gauche doivent aller à la liste menée par les Écologistes. »

Une cohérence interne mise à rude épreuve
La situation expose une fracture profonde au sein du PS strasbourgeois. Le traitement à double vitesse est difficile à défendre : des militants exclus en 24 heures pour avoir rejoint Barseghian, pendant que Trautmann fusionne avec la droite sans sanction immédiate. L’alliance, désavouée à droite comme à gauche, fragilise durablement la candidature Trautmann à quelques jours du second tour, fixé au 22 mars.
