Ce 17 mars 2026, Mohamed Sylla, tête de liste UTILES pour Strasbourg, annonce son soutien à Jean-Philippe Vetter pour le second tour des municipales. Un choix qui surprend, au regard du positionnement affiché tout au long de la campagne.

UTILES, une liste ancrée à gauche du centre

Le mouvement UTILES pour Strasbourg s’était constitué autour d’une alliance stratégique entre Mohamed Sylla, Thibaut Vinci — responsable du PRG (Parti Radical de Gauche) en Alsace — et Ismaïl Becherirat, fondateur de Unis pour Strasbourg. Un trio qui revendiquait incarner une troisième voie, certes, mais une troisième voie ancrée à gauche, distincte du PS de Catherine Trautmann et des écologistes de Jeanne Barseghian.

Thibaut Vinci, fonctionnaire de police et numéro trois de la liste, avait d’ailleurs explicitement refusé de rejoindre la liste Trautmann, préférant porter une vision de gauche ancrée dans le quotidien des Strasbourgeois.

Un score confidentiel, un ralliement symbolique

La liste UTILES n’a pas franchi la barre du 1 % au premier tour. Le poids électoral est donc marginal. Mais dans une configuration de second tour serrée entre Barseghian et Vetter, chaque prise de position publique contribue à dessiner un paysage politique — même symboliquement.

Dans son communiqué, Sylla invoque un « choix de responsabilité républicaine » et le besoin d’un Strasbourg « loin des logiques d’extrêmes ». Une rhétorique qui, dans le contexte de cette campagne, place implicitement les autres listes du côté des extrêmes — ce que le mouvement UTILES n’avait jamais formulé aussi clairement pendant la campagne.

Ce ralliement à la droite républicaine, au lendemain d’une campagne menée sous les couleurs du centre-gauche et du PRG, soulève une question simple : les électeurs d’UTILES suivront-ils ?