Au conseil municipal du 2 février 2026, Jeanne Barseghian promettait publiquement de faire appel de l’annulation d’une motion pour la défense des libertés fondamentales.
Or, a ce jour, la Cour administrative d’appel de Nancy confirme qu’aucun recours n’a été déposé. Le délai est expiré. Les questions se posent.

Les faits

En juin 2025, le conseil municipal de Strasbourg adoptait une motion pour la défense de la liberté d’association, d’expression et du droit à la solidarité internationale, contre les dissolutions du collectif Urgence Palestine et de la Jeune Garde antifasciste. Un vote fort, dans une ville qui se targue d’être la capitale européenne des droits humains.

Le préfet du Bas-Rhin saisissait aussitôt le tribunal administratif pour contester cette motion. Le 31 décembre 2025, le TA de Strasbourg annulait la délibération.

La promesse publique

Le 2 février 2026, en conseil municipal, séance filmée et retransmise en direct, Jeanne Barseghian annonçait solennellement que la Ville ferait appel de ce jugement, au nom de la collectivité. Les militants, les associations, les électeurs attachés aux libertés fondamentales et au respect des droits enregistraient le message : leur maire ne capitulait pas.

La réalité, deux mois plus tard
Le délai légal pour introduire un recours devant la CAA de Nancy est de deux mois à compter de la notification du jugement. Et ce délai est aujourd’hui expiré.

La CAA de Nancy confirme : à ce jour, aucun appel n’a été déposé dans cette affaire.
Nous sommes donc en droit de constater que Jeanne Barseghian a failli à sa promesse. Et une question s’impose : avait-elle seulement l’intention de faire appel lorsqu’elle l’a déclaré publiquement en février 2026 ? Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ?

Une promesse électoralement rentable

La réponse se trouve peut-être dans le calendrier. En annonçant cet appel à quelques semaines des municipales, la maire sortante a pu mobiliser un électorat précisément sensible à la liberté associative et au respect des droits fondamentaux — un électorat qui constituait une part essentielle de sa base.

Une ville qui se revendique capitale des droits humains mérite une maire qui tient ses engagements — ou qui assume de ne pas les tenir. Promettre de défendre les libertés fondamentales fait sans nul doute gagner des voix, mais ne pas tenir ses engagements : c’est précisément le genre de politique que les citoyens rejettent.