À deux jours du premier tour des municipales de Strasbourg, les échanges entre listes ont franchi un nouveau palier. Un visuel publié par La France Insoumise et une réponse cinglante du député Emmanuel Fernandes ont mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux, révélant des tensions profondes entre la liste socialiste de Catherine Trautmann et celle de Florian Kobryn.
Un visuel qui fait polémique
C’est Paul Meyer, colistier sur la liste de Catherine Trautmann, qui a tiré la première salve sur Facebook. Il dénonce un visuel publié par LFI qu’il qualifie de « répugnant », une « iconographie mortifère et insoutenable qui s’apparente à un appel à la violence ». Avant d’en arriver là, Meyer retrace le fil d’une campagne qu’il juge à bout : sa liste a encaissé, dit-il, « toutes les attaques » — celles de « la droite dont le candidat déçu ne digère pas que personne ne souhaite collaborer avec lui », celles d’« une fachosphère déchaînée contre l’âge de notre candidate et le fait qu’elle soit une femme », et celles des Verts qui « multiplient les comptes infamants tenus par des collaborateurs, des élus et des militants pour mener de véritables campagnes de harcèlement sur les réseaux sociaux. »
« Mais là, trop, c’est trop », écrit-il, appelant à « avoir le courage de dire stop à cette dérive qui semble sans limites. »

La riposte d’Emmanuel Fernandes
La réponse d’Emmanuel Fernandes, député et colistier de Florian Kobryn, ne s’est pas fait attendre.
Sur le visuel incriminé, Fernandes assure qu’il symbolise « l’étourdissement et l’aveuglement politique du PS strasbourgeois », qu’il accuse d’être « perdu, à droite toute », de flirter « dangereusement avec des discours islamophobes » et de trahir les engagements du Nouveau Front Populaire.
Il retourne ensuite l’accusation de violence : vendredi dernier, sa colistière Jalima Haddoum a reçu des menaces de mort d’un homme armé d’un couteau. « De telles menaces ne s’instrumentalisent pas », écrit-il, jugeant que Trautmann « ferait bien de ne pas en inventer ni d’en détourner le sens. »
Richardot, Oualit, Cahn : LFI ressort les dossiers
Fernandes profite de l’échange pour relancer trois affaires embarrassantes pour la liste Trautmann.
Il cite d’abord Anne-Pernelle Richardot, conseillère municipale présente sur la liste socialiste, récemment déboutée en justice dans une affaire l’opposant à l’eurodéputée Rima Hassan. Il évoque ensuite Mourad Oualit, dont il accuse le « lieutenant » d’avoir exigé de jeunes footballeurs « qu’ils se rendent à une réunion publique politique ». Enfin, il mentionne Mathieu Cahn, qualifié de « tête de liste déchue en 2020 ».
Pour le député insoumis, Catherine Trautmann « cède à la panique » et ces attaques « révèlent surtout sa fébrilité face à la dynamique insoumise et antifasciste. »
Une illustration rhétorique, pas un appel à la violence ?
Pour clore son argumentaire, Fernandes rappelle que le même type de visuels est régulièrement utilisé dans la presse et par d’autres formations politiques, citant en exemple Rue89 Strasbourg et le Parti Socialiste. Une façon de signifier que l’indignation de Meyer serait sélective, voire instrumentalisée.
« Votre attaque contre LFI est ridicule. Réfléchissez un peu ! », conclut-il.


Le thermomètre démocratique dans le rouge à Strasbourg
À 48 heures du scrutin, cet échange illustre l’état de tension extrême dans lequel se déroule la fin de campagne strasbourgeoise. Entre accusations de harcèlement, menaces physiques, controverses sur des visuels et rappels de contentieux judiciaires, le débat politique local a visiblement du mal à rester sur le terrain des programmes.
Les Strasbourgeois sont appelés aux urnes dimanche 15 mars pour le premier tour des élections municipales.
