Le 27 février, le journaliste Daniel Aaron — connu pour ses chroniques sur Opinion International et ses podacts sur Radio Judaica Strasbourg — publiait un long post Facebook tonitruant, intitulé « Dernière ligne droite ». Le ton est immédiatement annoncé : après « 6 ans de kombat contre Barseghian et l’extrême gauche », il estime ne plus pouvoir « rester silencieux et inactif encore plus longtemps ». Et il prévient : d’ici au 15 mars, il écrira « avec son cœur, ses tripes et son cerveau » pour « mettre tout le monde devant ses responsabilités ». Une déclaration d’intention autant qu’un coup de semonce à destination de l’ensemble de la classe politique strasbourgeoise.

Une opposition en « désordre de marche » et des alliances jugées « contre nature »

Ce qui motive cette sortie ? Aaron dit constater depuis quelques jours des « alliances bizarres » et des « castings contre nature » qui lui font « peur pour la suite de notre belle ville de Strasbourg ». Sans nommer explicitement les responsables, il pointe une opposition incapable de se rassembler efficacement face à la majorité sortante, et dénonce des logiques « totalement partisanes si loin des attentes des habitantes et habitants ».

Il annonce une série de chroniques quotidiennes jusqu’au scrutin : il y parlera de Jeanne Barseghian et de « ses ayatollahs », mais aussi « du Général de Gaulle, des musulmans des quartiers et de la gauche qui les trahit du matin au soir », et enfin « d’économie réelle ». Une promesse de traiter large, sur fond de campagne qui s’emballe.

Dans son post, Aaron passe en revue les candidats qu’il compte analyser : Jeanne Barseghian, Florian Kobryn, Catherine Trautmann, Pierre Jakubowicz et Virginie Joron. Mais il s’arrête sur un absent notable : Jean-Philippe Vetter. Explication : « Ne voulant pas s’unir au deuxième tour, il s’est exclu lui-même et j’en suis désolé… mais c’est mathématique. » Une charge directe contre le candidat de droite, accusé en creux de privilégier sa liste au détriment d’une alternance possible.

La liste Vetter contre-attaque, sans ménagement

La riposte ne s’est pas fait attendre. Plusieurs colistiers de Jean-Philippe Vetter ont répondu publiquement sous le post, et les formules ne manquent pas de mordant.

Irene Weiss ouvre le feu : « Cette haine viscérale envers notre candidat et notre liste ne te rend pas honneur et décrédibilise complètement tes propos. » Elle précise lire rarement les publications d’Aaron et commenter « encore plus rarement », mais juge la situation « franchement risible ».

Ourida Kemiche, elle, s’attaque directement à l’argument des alliances : « Tout le monde sait que Jean-Philippe Vetter a proposé une alliance dès le premier tour. Certains l’ont rejoint car il est le seul candidat crédible qui peut inscrire un projet dans l’avenir et redresser les comptes de la ville. D’autres préfèrent bidouiller au deuxième tour une alliance non par amour de Strasbourg mais pour une victoire. » Une réponse qui retourne l’accusation : ce ne serait pas Vetter qui bloque, mais ses adversaires qui manœuvrent.

Claude Cheviron adopte un registre plus ironique, s’adressant directement au journaliste : « Vous faites partie de ces libres penseurs qui se croient investis pour dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, avec vos coui…es plutôt qu’avec votre cerveau. » Il conclut, pince-sans-rire : « Avec toute mon amitié. »

Gisèle Ekobe, enfin, choisit le registre de l’enthousiasme militant, appelant à se rallier derrière « Jean-Philippe Vetter, l’homme de confiance, l’homme du terrain, le démocrate rassembleur qui porte un projet humaniste pour Strasbourg ».

Les chroniques promises… qui ne viendront jamais

Aaron avait promis de dire tout, fort et sans filtre, jusqu’au 15 mars. Il n’en sera rien. Dans les jours qui suivent ce post tonitruant, son fil Facebook bascule intégralement vers la politique étrangère : Israël, Iran, États-Unis. Strasbourg, les candidats, les alliances… plus un mot. La promesse de chroniques quotidiennes sur la campagne municipale restera lettre morte.

Coïncidence ? Les colistiers de Vetter auraient-ils réussi là où peu y croyaient : calmer l’un des commentateurs les plus véhéments de la campagne strasbourgeoise, à moins de trois semaines du premier tour ? La question reste ouverte — mais le silence, lui, est bien réel.