Dix élus et responsables politiques centristes ont pris la parole le 25 février 2026 pour apporter leur soutien commun à Pierre Jakubowicz, candidat à la mairie de Strasbourg. Dans un communiqué signé par des noms bien connus du paysage politique alsacien — Fabienne Keller, députée européenne et ancienne maire de Strasbourg, Brigitte Klinkert, ancienne ministre, le sénateur Olivier Bitz, ou encore les députés du Bas-Rhin Vincent Thiébaut et anciens élus Bruno Studer et Thierry Michels — le camp centriste affiche une unité rare à quelques semaines du premier tour.
Pourquoi Jakubowicz ? Les arguments du communiqué
Le texte avance trois arguments principaux.
D’abord, le profil du candidat : conseiller municipal d’opposition, Pierre Jakubowicz est présenté comme pragmatique, maîtrisant ses dossiers et entouré d’une équipe consensuelle. Ses soutiens lui reconnaissent une vision concrète pour Strasbourg et la volonté de bâtir « dès le premier jour du mandat la ville qui fonctionnera à nouveau pour tous ».
Ensuite, l’enjeu politique : les signataires appellent à « tourner la page de six ans de dogmatisme » en faveur d’un projet porté par les valeurs d’efficacité, d’apaisement et d’humanisme.
Enfin, la stratégie électorale : le communiqué est explicite — « aucun candidat ne pourra gagner cette élection seul ». Pierre Jakubowicz s’est engagé à construire une coalition après le premier tour.


6% dans les sondages : un score à transformer en levier
C’est là que le pari devient risqué. Selon le sondage IFOP publié en septembre 2025, Jakubowicz ne recueillait que 6% des intentions de vote, loin derrière le trio de tête : Catherine Trautmann, Jean-Philippe Vetter et Jeanne Barseghian. Pour peser dans les négociations d’entre-deux-tours, il lui faudra au minimum maintenir ce score — voire le dépasser — pour s’imposer comme un acteur incontournable de la coalition gagnante.
Vers une alliance avec Vetter ou Trautmann ?
Une chose semble acquise : un rapprochement avec Jeanne Barseghian paraît exclu, les camps centriste et écologiste étant idéologiquement trop éloignés. Les regards se tournent donc vers les deux candidats en tête. D’un côté, Jean-Philippe Vetter, qui fédère LR, les Centristes et l’UDI dans une logique de rassemblement du centre-droit. De l’autre, Catherine Trautmann, qui rassemble autour d’elle une coalition de centre-gauche, capitalisant sur son ancrage historique à Strasbourg et sa notoriété nationale. Les deux profils incarnent chacun à leur manière une alternative crédible à la majorité sortante — et c’est précisément entre ces deux pôles que se jouera la négociation d’entre-deux-tours si Jakubowicz parvient à peser suffisamment au soir du premier tour.

Une mobilisation politique solide dans le Bas-Rhin
La liste des signataires reflète un ancrage réel dans le département. Outre Keller, Klinkert et Bitz, on retrouve Sylvain Waserman et Didier Pettermann comme conseillers régionaux, Christophe Choserot à la tête du groupe « Centristes et Territoires » à la Région Grand Est, et Anne Schumann, ancienne adjointe au maire de Strasbourg. Ce soutien collectif donne à la candidature Jakubowicz une visibilité politique que ses seuls chiffres de sondage ne lui offraient pas.
