Ils ont entre 11 et 15 ans, viennent de neuf collèges implantés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) de Strasbourg, et ils ont relevé un défi peu ordinaire : prendre la parole devant un jury, à l’hôtel préfectoral, pour défendre leurs idées avec conviction. Ce mardi, 33 élèves ont participé au premier tour du concours d’éloquence OGMA, une initiative portée par l’association D-Clic Strasbourg.
Le concours OGMA : rhétorique et confiance en soi pour les jeunes Strasbourgeois
Le concours OGMA — dont le nom s’inspire d’Ogma, dieu celte de l’éloquence, de la sagesse et de l’écriture — vise à développer l’art de la parole, l’argumentation et la rhétorique chez des jeunes qui n’ont pas toujours l’occasion de faire entendre leur voix. Financée par l’État, l’association D-Clic Strasbourg a conçu ce dispositif comme un levier concret d’égalité des chances : apprendre à structurer sa pensée, à s’exprimer avec assurance, à convaincre.
Pour beaucoup de ces collégiens, monter à la tribune dans les salons de la préfecture du Bas-Rhin représentait une première. Un cadre institutionnel fort, choisi délibérément pour donner du poids à l’exercice — et à ceux qui le pratiquent.

La préfecture mobilisée pour l’égalité des chances
La cérémonie s’est tenue en présence de Pierre-Emmanuel Portheret, préfet délégué pour l’égalité des chances auprès du préfet de la région Grand Est et du Bas-Rhin. Sa présence illustre l’engagement de l’État dans ce type de dispositif, qui dépasse le simple concours scolaire pour s’inscrire dans une politique plus large d’inclusion et d’émancipation par la culture.
Les prestations des élèves ont été saluées pour leur qualité et leur engagement. Car au-delà de la compétition, c’est bien l’exercice démocratique de la prise de parole — trop souvent réservé à quelques-uns — que le concours OGMA cherche à démocratiser, quartier après quartier, collège après collège.
