Ce vendredi 6 mars, le ciel de Strasbourg arbore une teinte étrange, voilée et diffuse. Pas de panne de soleil, pas de pollution industrielle : c’est le Sahara qui souffle jusqu’en Alsace.

Un voile africain au-dessus de la plaine alsacienne

Depuis ce matin, l’horizon strasbourgeois a perdu de sa netteté habituelle. Une atmosphère brumeuse et jaunâtre s’est posée sur la région, rendant le ciel inhabituellement terne. Des millions de particules de poussière, arrachées aux étendues arides d’Afrique du Nord et portées par les vents, ont parcouru des milliers de kilomètres avant d’atteindre le Grand Est. Le phénomène est clairement identifiable sur les images satellites, selon Atmo-Risk, plateforme de référence pour la météorologie régionale.

Des dépôts attendus sur les voitures jusqu’à samedi

L’épisode ne devrait pas s’arrêter là. Atmo-Risk anticipe une poursuite du phénomène jusqu’à samedi. Sans pluie prévue d’ici là, les particules resteront en suspension avant de se déposer progressivement sur les surfaces extérieures : carrosseries, tables de jardin, rebords de fenêtres. Mieux vaut patienter avant de passer la voiture au jet d’eau.

Ce n’est pas une première pour Strasbourg. En mars 2025 déjà, la ville avait vécu un épisode comparable, avec un ciel aux reflets ocre et une lumière envoûtante que beaucoup avaient trouvée aussi belle qu’inquiétante.

Une douceur de saison qui interroge

Le sable saharien n’arrive pas seul : il accompagne un épisode de chaleur précoce. Les températures frôlent les 15 à 16 °C en plaine d’Alsace ce vendredi, et grimpent jusqu’à 19 °C en Lorraine. Un air printanier bienvenu pour le moral, mais qui cache une réalité plus préoccupante : la nature se réveille trop tôt. Les gelées tardives restent possibles jusqu’à fin avril, avec des risques réels pour les cultures et la végétation déjà en avance sur le calendrier.