Agnès Blondin-Carrez prend officiellement la tête de l’École nationale supérieure d’architecture de Strasbourg ce lundi 2 mars 2026. Architecte et urbaniste de l’État, elle connaît le Bas-Rhin de l’intérieur. Portrait.


Une prise de fonction ancrée dans l’histoire locale

Ce n’est pas une inconnue qui débarque à Strasbourg. Agnès Blondin-Carrez, nommée par arrêté ministériel le 9 février 2026, a déjà passé plusieurs années dans le Bas-Rhin à la tête de l’Unité départementale de l’architecture et du patrimoine (UDAP) — l’antenne locale de la DRAC Grand Est chargée de veiller sur le patrimoine bâti du territoire.

C’est donc une figure du milieu architectural alsacien qui prend la tête de l’ENSA Strasbourg, l’une des vingt écoles nationales d’architecture en France et un établissement au rayonnement européen certain, notamment grâce à sa position frontalière avec l’Allemagne.


Un profil taillé entre patrimoine, territoire et formation

Agnès Blondin-Carrez est architecte et urbaniste de l’État — un titre qui s’acquiert par concours national et qui s’accompagne d’une formation exigeante à l’École nationale des Ponts et Chaussées et à l’École de Chaillot, à Paris. Elle est également titulaire d’un DSA « Architecture et Patrimoine », spécialisation qui dit beaucoup de sa sensibilité pour le bâti existant et sa transmission.

Avant de diriger, elle a exercé. Six ans en agence, puis une période à Nancy au sein de la DRAC Lorraine : c’est par le terrain qu’elle construit son expertise, avant de rejoindre les services de l’État.

L’ENSA Strasbourg n’est pas une école comme les autres. Installée dans la capitale alsacienne, elle forme chaque année des architectes dont beaucoup s’inscrivent dans un contexte transfrontalier — entre France, Allemagne et Suisse. Ses diplômés participent à façonner les quartiers, les réhabilitations, les espaces publics de toute la région.

Confier sa direction à une professionnelle qui a géré pendant quatre ans le patrimoine architectural du Bas-Rhin — des permis de construire en secteur sauvegardé aux avis sur les monuments historiques — envoie un signal clair : l’ancrage territorial et la culture du patrimoine comptent pour cet établissement.

Sa récente expérience à la tête de l’ENSA Toulouse lui aura en outre fourni le recul nécessaire sur la direction d’un établissement d’enseignement supérieur culturel — une réalité institutionnelle bien différente des services déconcentrés de l’État.